Si les adolescents regardent des vidéos pendant des heures, cela peut être dangereux. L’Union européenne critique Tiktok. De quoi s’agit-il – et ce qui est actuellement en discussion.
Attention, risque de dépendance : en plein débat sur l’interdiction des réseaux sociaux pour les jeunes, la Commission européenne cible la plateforme en ligne Tiktok. L’entreprise risque une lourde sanction.
Ce n’est pas le premier géant de la technologie contre lequel les autorités bruxelloises prennent des mesures. Cela a déjà conduit à des conflits avec le gouvernement du président américain Donald Trump, qui qualifie les actions de la Commission européenne contre des entreprises américaines telles que la société mère de Facebook, Meta, d’attaque contre la liberté d’expression.
Avec plus de 200 millions d’utilisateurs en Europe, Tiktok est l’une des plateformes les plus populaires, notamment auprès des jeunes. Mais selon les résultats préliminaires d’une enquête de l’UE, le géant en ligne viole le droit européen.

Concrètement, selon des informations provenant de Bruxelles, il s’agit de mécanismes favorisant la dépendance – par exemple des recommandations hautement personnalisées et la lecture automatique et ininterrompue de vidéos.
– Les réseaux sociaux sont-ils pour les enfants ? L’affaire n’est pas encore tranchée et Tiktok a annoncé sa résistance. Néanmoins, cette classification est susceptible d’alimenter le débat sur la question de savoir si les enfants et les jeunes sont autorisés à utiliser les médias sociaux.
Depuis la mi-décembre, toute personne de moins de 16 ans est strictement interdite en Australie. En France, en Grande-Bretagne et dans d’autres pays, il existe également des projets et des initiatives visant à interdire son utilisation aux mineurs de moins de 15 ou 16 ans. Le Parlement européen a voté – également en novembre – en faveur d’un âge minimum de 16 ans à l’échelle de l’UE. Selon les députés, les jeunes de 13 ans et plus pourraient utiliser les réseaux sociaux sous la surveillance de leurs parents. Toutefois, le rapport adopté n’a aucun effet contraignant.
Dans l’UE, il faut actuellement avoir 13 ans pour utiliser les réseaux sociaux : à partir de cet âge, les jeunes peuvent consentir à l’utilisation de leurs données. Tiktok stipule également que les jeunes doivent avoir au moins 13 ans pour créer un compte.

– La dépendance peut endommager le cerveau : De nombreuses personnes s’inquiètent du contenu auquel les enfants sont exposés sur les réseaux sociaux et de la manière dont les heures d’utilisation les affectent. « La dépendance aux médias sociaux peut avoir des effets néfastes sur le développement du cerveau des enfants et des jeunes », a critiqué la vice-présidente responsable de la Commission européenne, Henna Virkkunen. Il s’agit de faire respecter les règles européennes pour protéger les citoyens en ligne.
Dans son enquête préliminaire, l’autorité bruxelloise affirme que la conception de Tiktok « récompense » constamment les utilisateurs avec de nouveaux contenus et favorise ainsi l’envie de continuer à scroller. Cela met le cerveau en « mode pilote automatique ». « La recherche scientifique montre que cela peut conduire à des comportements compulsifs et altérer la maîtrise de soi des utilisateurs. »
Tiktok n’en fait pas assez. Par exemple, selon l’étude, des « pauses d’écran » efficaces sont nécessaires et les nouvelles vidéos ne devraient plus être lues automatiquement en continu.
Une porte-parole de Tiktok n’est pas d’accord : « Les conclusions préliminaires de la commission dénaturent catégoriquement notre plateforme et sont totalement sans fondement. Nous prendrons toutes les mesures nécessaires pour contester ces conclusions en utilisant tous les moyens à notre disposition. »
Le géant de l’Internet a désormais la possibilité de se défendre contre ces allégations et pourrait théoriquement également modifier ses fonctions pour répondre aux préoccupations de l’UE.

– Cela pourrait coûter cher : Si aucune solution à l’amiable n’est trouvée, cela pourrait coûter cher à Tiktok. La Commission européenne pourrait alors constater formellement une violation de la loi dite sur les services numériques (DSA) et imposer une sanction. Cela pourrait représenter jusqu’à six pour cent des ventes annuelles du groupe.
Un haut responsable a déclaré que la loi ne prévoit la suspension des plateformes en ligne qu’en dernier recours, après de nombreuses autres étapes.
L’autorité bruxelloise enquête actuellement sur diverses grandes plateformes en ligne. Les processus sont indépendants les uns des autres, de sorte que la décision préliminaire concernant Tiktok n’a pas d’impact direct sur les autres applications.
– Influence politique ? Certains critiques accusent également Tiktok que l’algorithme favorise certains mouvements politiques comme l’AfD en Allemagne ou supprime des questions cruciales comme les droits de l’homme en Chine. Tiktok est géré par la société chinoise Bytedance – sauf aux États-Unis. Des investisseurs réputés proches du président américain Trump ont récemment repris les activités de Tiktok. Sinon, l’application n’aurait plus dû y être active. (dpa)