Le ministre de la Santé Frank Vandenbroucke (Vooruit) a présenté un « pacte de réforme » pour les caisses d’assurance maladie qui vise à réorganiser en profondeur leurs relations avec l’État.
En toile de fond, le gouvernement s’inquiète du fait que le système de santé belge soit devenu trop coûteux, trop complexe et administrativement inefficace. Vandenbroucke souhaiterait donc avoir un plus grand contrôle sur les activités et les dépenses des caisses d’assurance maladie et définir plus clairement leur rôle.
La réforme se concentre sur le désir de plus de transparence et d’efficacité. À l’avenir, les caisses d’assurance maladie devraient être évaluées plus étroitement sur la base de leurs performances réelles, par exemple en fonction de l’efficacité avec laquelle elles gèrent l’argent public, de la façon dont elles prennent soin des patients ou de leur contribution à la prévention.

Dans le même temps, le ministre souhaite réduire les coûts administratifs, éliminer les structures en double et accélérer la numérisation. Les caisses d’assurance maladie devraient se concentrer davantage sur une politique de santé active, c’est-à-dire non seulement rembourser les frais, mais aussi soutenir les malades chroniques, promouvoir des programmes de prévention et ramener plus rapidement les gens au travail quotidien.
De plus, à l’avenir, les performances seront évaluées plus précisément selon des critères scientifiques. Par exemple, il ne devrait plus être possible de rembourser les frais d’homéopathie, d’acupuncture ou de sophrologie.
La sophrologie est une méthode de relaxation et de pleine conscience qui combine exercices de respiration, conscience du corps et visualisation mentale pour réduire le stress et favoriser le bien-être. Il est souvent utilisé pour la relaxation, la gestion du stress et la préparation mentale.

Ces propositions sont politiquement sensibles, car les caisses d’assurance maladie belges font historiquement partie de ce que l’on appelle la « pilarisation » de la société. Cela signifie que la Belgique a longtemps été organisée autour de grands courants idéologiques, notamment les piliers chrétien-démocrate, socialiste et libéral. Ces réseaux comprenaient non seulement des partis, mais aussi des syndicats, des associations sociales, des médias, des écoles et des compagnies d’assurance maladie. Même si ces liens se sont aujourd’hui affaiblis, les caisses d’assurance maladie exercent toujours une influence politique et sociale considérable.
Les critiques voient dans la réforme le risque d’une plus grande centralisation et d’un affaiblissement de l’autonomie des caisses d’assurance maladie. Les partisans, en revanche, estiment que la réforme est nécessaire pour mieux maîtriser la hausse des coûts des soins de santé et pour maintenir le système financièrement viable à long terme. Dans l’ensemble, le pacte de réforme laisse entrevoir un changement fondamental dans le système de santé belge, dans le cadre duquel l’État exercerait à l’avenir une influence nettement plus grande sur le fonctionnement des caisses d’assurance maladie. (créer)