Un deuxième clown à Eupen (galerie photo)

C’était sans doute un quartier un peu insolite dimanche dernier à Eupen : à deux pas du clown de pierre de la Bergstrasse, qui rappelle le carnaval d’Eupen depuis 1958, Gustave Malheur, clown vivant, se tenait sur la Klötzerbahn.

Le clown d’Eupen fait depuis longtemps partie du paysage urbain. Créé par le sculpteur eupenois Joseph Braun et construit à l’initiative des sociétés carnavalesques d’Eupen, il fut inauguré le 14 juin 1958. Symbole du Carnaval d’Eupen, il rappelle encore aujourd’hui que l’humour et la joie de vivre ont leur place dans la ville.

Mais pourquoi y a-t-il encore des clowns ? À l’ère des smartphones, des jeux informatiques, des films et de l’intelligence artificielle, on pourrait penser que la figure du clown est depuis longtemps dépassée. Le contraire semble être le cas. Peut-être précisément parce qu’un clown fait quelque chose qui ne peut pas être numérisé : il se retrouve face à vous, réagit à son public et crée un moment qui n’existe qu’ici et maintenant.

Cela s’est également avéré dimanche à la Klötzerbahn. Gustave Malheur a surtout affaire à des enfants, qui se mêlent volontiers de son petit monde.

Les enfants sont particulièrement fascinés par le clown. Il est autorisé à faire des choses qui seraient autrement interdites ou pour le moins inhabituelles : il trébuche, fait des erreurs, agit de manière maladroite, surprend et déforme les règles de la vie quotidienne. Et contrairement au monde des adultes, il n’exige pas que tout fonctionne parfaitement. Les choses peuvent mal tourner avec le clown – et c’est de là que vient le plaisir.

Peut-être que les enfants y reconnaissent aussi quelque chose sur eux-mêmes. Le clown n’est pas supérieur, mais souvent celui qui ne sait pas quoi faire ensuite. Il essaie quelque chose, échoue, se relève et continue. Il vous invite à participer sans avoir à expliquer grand-chose.

Gustave Malheur n’a pas besoin pour cela d’un décor élaboré. Un geste, un regard, une idée surprenante – et une connexion se crée. Le clown se nourrit des rencontres directes et du jeu du public.

Ce côté particulier du clown se retrouve également dans les CliniClowns de l’Est de la Belgique. Il ne s’agit pas avant tout d’un spectacle, mais des gens. Avec de la musique, de la magie, de la jonglerie et beaucoup d’imagination, ils apportent un peu de légèreté dans des lieux où la vie est parfois difficile.

C’est peut-être pour cela que le clown a survécu à l’épreuve du temps : il nous fait rire sans avoir besoin d’écran. Il peut être idiot, échouer et se moquer de lui-même. (créer)

Ci-dessous, une GALERIE DE PHOTOS avec des images du photographe Patrick von Staufenberg de la représentation du clown Gustave Malheur dimanche dernier à la Klötzerbahn à Eupen (cliquez sur l’image pour l’agrandir) :