La TVA va-t-elle passer de 21 à 22 pour cent ?

Le gouvernement fédéral belge est confronté à une nouvelle série d’économies de plusieurs milliards : un effort budgétaire supplémentaire d’environ 10 milliards d’euros devrait être réalisé d’ici 2029. En toile de fond, des déficits toujours élevés et la pression que ressent la Belgique en raison des règles budgétaires européennes et de la hausse des coûts d’intérêt sur les finances publiques.

Le taux de TVA actuel de 21 pour cent est en vigueur en Belgique depuis 1996. À cette époque, il a été augmenté de 20,5 à 21 pour cent et est resté inchangé depuis. Une augmentation à 22 pour cent serait la première augmentation du taux normal de TVA depuis trois décennies.

A titre de comparaison : lorsque la TVA a été introduite en Belgique en 1971, le taux standard était encore de 18 pour cent. Au cours des décennies suivantes, ce chiffre a été modifié à plusieurs reprises avant d’atteindre 21 pour cent en 1996.

Fin juillet, le gouvernement du Premier ministre Bart De Wever (N-VA) a accepté le principe de lever ces 10 milliards d’euros supplémentaires ; Les négociations proprement dites sur les mesures concrètes vont maintenant s’intensifier en septembre et octobre.

L’une des mesures qui reviennent sur la table est une augmentation du taux normal de TVA de 21 à 22 pour cent actuellement. Selon de précédents calculs, cela pourrait rapporter environ 1,5 milliard d’euros de revenus supplémentaires.

L’idée vient avant tout du milieu de la N-VA : la présidente de la N-VA, Valérie Van Peel, avait proposé d’augmenter le taux normal à 22 pour cent et en échange, par exemple, de réduire la TVA sur les nouvelles constructions. Une uniformisation des taux réduits de 6 et 12 pour cent à 9 pour cent faisait également parfois partie des considérations.

L’opposant politique le plus déterminé est cependant le MR, le parti libéral de Georges-Louis Bouchez. Bouchez a récemment réaffirmé que son parti ne voulait pas accepter une augmentation de la TVA ou une taxe supplémentaire sur les gros patrimoines.

L’argument de Bouchez est que la Belgique a déjà une pression fiscale très élevée ; Selon lui, le véritable problème réside dans le fait que les dépenses publiques sont trop élevées et que les recettes ne sont pas trop faibles. Une augmentation de la TVA annulerait également une partie de l’aide aux travailleurs promise par le gouvernement.

Le Vooruit est également très sceptique quant à une augmentation générale de la TVA. Les sociaux-démocrates flamands rejettent fondamentalement des charges de TVA supplémentaires car elles affectent en premier lieu les consommateurs.

Cependant, dans des cas extrêmes, le Vooruit pourrait accepter une augmentation du soi-disant « taux de luxe » de 21 à 22 pour cent comme un mal nécessaire. Dans le même temps, le parti exige que les lacunes déjà apparues dans le budget actuel soient comblées et insiste pour imposer des charges plus lourdes à ceux qui en ont les moyens financiers.

Les Engagés se positionnent un peu plus ouvertement. Le chef du parti, Yvan Verougstraete, a déclaré que son parti pourrait envisager d’augmenter la TVA, mais seulement si cela réduisait également la pression fiscale sur le travail.

Les anciens démocrates-chrétiens francophones de la coalition gouvernementale adoptent donc une ligne beaucoup plus favorable au compromis : une taxe à la consommation plus élevée serait pour eux envisageable si elle s’inscrivait dans le cadre d’un déplacement plus large de la pression fiscale du travail vers la consommation.

Du côté des associations professionnelles, la situation est plus contrastée. L’UNIZO, l’association des indépendants et des petites et moyennes entreprises (PME) flamandes, s’est prononcée contre la réforme compliquée de la TVA, déjà prévue pour début 2026. L’UNIZO s’est expressément félicitée du fait que cette réforme ait été temporairement abandonnée à la suite du rapport critique du Conseil d’Etat. Dans le même temps, l’association prévient que le gouvernement reviendra très probablement bientôt avec un nouveau variant en raison du trou d’un milliard de dollars.

Testachats se prononce particulièrement contre une TVA plus élevée. Dans de précédents projets de réforme, l’association de consommateurs avait averti qu’un taux de TVA plus élevé rendrait les paniers d’achat plus chers et affecterait particulièrement les ménages aux revenus les plus faibles.

Testachats argumente essentiellement sur le pouvoir d’achat : les consommateurs viennent tout juste de se remettre de la période d’inflation et ne peuvent plus être accablés par des prix plus élevés. L’organisation s’est donc expressément félicitée du fait qu’il n’y ait pas d’augmentation générale de la TVA.

Bref, pour ses partisans – notamment les forces de la N-VA et en partie les Engagés -, cette mesure présente l’avantage d’être transparente et relativement facile à mettre en œuvre par rapport à des réglementations spéciales compliquées. Les critiques du MR, du Vooruit, des organisations de consommateurs et des secteurs économiques concernés craignent cependant une perte immédiate du pouvoir d’achat et une charge supplémentaire sur la consommation.

Il existe également une objection fondamentale à la TVA : elle est considérée comme un impôt régressif car les ménages à revenus faibles et moyens doivent consacrer une part plus importante de leur revenu disponible à la consommation que les ménages plus riches. Une augmentation de la TVA a donc tendance à avoir un impact plus important sur le pouvoir d’achat des groupes à revenus faibles et moyens, tandis que les personnes aux revenus élevés peuvent épargner ou investir une plus grande proportion de leur argent. Les critiques d’une augmentation de la TVA y voient un déséquilibre social : l’État générerait des revenus supplémentaires en rendant la consommation plus chère pour tous les ménages, même si la charge est plus élevée par rapport au revenu pour les personnes les moins riches. (créer)