L’ancienne ministre de la Défense Ludivine Dedonder (PS) était l’invitée de la radio Bel RTL mercredi matin. Le député fédéral en a profité pour plaider en faveur d’un projet de loi sur la réforme des retraites présenté par le PS.
Les socialistes francophones proposent que la difficulté (pénibilité) de l’activité professionnelle soit prise en compte dans la détermination de l’âge de la retraite. Pour certaines professions, il devrait y avoir une retraite anticipée sans entraîner de frais supplémentaires.
Dedonder a critiqué la réforme des retraites de la « Coalition Arizona » (N-VA, MR, Vooruit, Les Engagés et CD&V). « Ce gouvernement va durcir les conditions d’accès aux retraites. Dans le même temps, il instaure un malus, une pénalité pour les travailleurs qui ne peuvent atteindre l’âge légal de la retraite. Le Service public fédéral (FPS) estime la perte de retraites à 300 euros en moyenne par mois », a déclaré le parlementaire de Tournai.

La réforme socialiste s’appuie sur quatre critères objectifs pour prendre en compte la difficulté des emplois dans le calcul des retraites :
– Stress physique (Port de charges lourdes, postures pénibles, vibrations, etc.)
– L’organisation du travail (Travail de nuit, travail à la chaîne, etc.)
– Risques de sécurité (Exposition à des substances chimiques ou biologiques, au bruit, au froid ou à la chaleur, travail en hauteur, etc.)
– La tension mentale et émotionnelle (Confrontation à la souffrance, au stress intense, à la mort, etc.)
Ces critères scientifiquement définis permettraient une augmentation de 5 pour cent par critère et permettraient ainsi une retraite anticipée sans pertes financières.
Une infirmière qui commence à travailler à 22 ans après quatre années d’études et qui gagne en moyenne 4 000 euros par mois ne pourra, avec la réforme du gouvernement de l’Arizona, prendre sa retraite qu’à 64 ans et toucher alors 2 240 euros par mois. Avec trois critères reconnus de travail pénible, elle pourrait prendre sa retraite à 60 ans et toucher 2.230 euros par mois.

Ludivine Dedonder, députée fédérale, rappelle :
« Si une infirmière ou un ouvrier du bâtiment a travaillé toute sa vie dans des conditions difficiles, il mérite une pension équitable. Reconnaître les difficultés signifie reconnaître la valeur du travail accompli. »
Cette proposition ne s’adresse donc qu’aux métiers considérés comme « difficiles ». « La réalité du terrain aujourd’hui, c’est que les ouvriers, aides-soignants, aides familiales, aides ménagères et infirmières ne peuvent pas travailler avant 67 ans car leur travail leur cause des dommages physiques et psychiques. Ces personnes sont épuisées », explique Ludivine Dedonder.
Le député PS veut donc « récompenser les travailleurs ». Elle annonce cependant un deuxième bénéfice si une telle proposition est adoptée : « Garantir la dignité des travailleurs permet aussi de prévenir les maladies de longue durée. »
Ludivine Dedonder rappelle que cette proposition est « neutre sur le plan budgétaire » : « C’est l’essentiel de cette proposition, car les coûts qui en résulteront seront compensés par une baisse des dépenses dans d’autres domaines de la sécurité sociale, par exemple pour les maladies de longue durée.
Selon le député, des études montrent clairement un lien entre le relèvement de l’âge de la retraite et l’augmentation des maladies de longue durée. Dedonder estime qu’en durcissant les conditions d’accès aux retraites, le gouvernement contribue à l’augmentation du nombre de malades de longue durée.
En d’autres termes : abaisser l’âge de la retraite pour les personnes ayant exercé un travail difficile permettrait, selon le PS, de libérer des ressources, car cela entraînerait moins de malades de longue durée. (créer)