80.000 à 140.000 participants et quelques trublions masqués au rassemblement national à Bruxelles

Entre 80.000 – selon la police – et 140.000 manifestants – selon le leader du syndicat socialiste Thierry Bodson – ont pris part mardi au grand rassemblement national à Bruxelles. Ils ont suivi l’appel des syndicats à dire non à la « rupture sociale de l’Arizona » et aux différentes réformes du gouvernement de Bart De Wever (N-VA).

« Arizona » fait référence à la coalition N-VA, MR, Vooruit, Les Engagés et CD&V.

La longue manifestation s’est déroulée en grande partie dans le calme. A la fin du cortège, il y a eu quelques affrontements entre des personnes masquées et les forces de l’ordre.

Le train a démarré vers 10h45 à la Gare du Nord et est reparti vers 12h00. à la Gare du Sud. Là, les manifestants ont remonté leurs trains et leurs bus.

La manifestation du 14 octobre était organisée par un front syndical commun. Les représentants syndicaux ont voulu faire entendre leur voix pour dénoncer « l’effondrement social de l’Arizona ». Ils critiquent l’introduction du système de retraite bonus-malus, la réforme des retraites des fonctionnaires, des soldats et des conducteurs de peloton, la nouvelle réglementation du travail de nuit et d’autres mesures du gouvernement fédéral.

Les manifestants ont également protesté contre les réformes et les mesures prises par les gouvernements régionaux et locaux. Chacun sait que les finances de la Fédération Wallonie-Bruxelles ne sont pas tout à fait roses et que les mesures d’austérité annoncées suscitent le mécontentement des enseignants, des étudiants et des fonctionnaires.

La manifestation nationale a été largement pacifique. A la fin de la manifestation, des affrontements ont toutefois eu lieu entre des personnes masquées et les forces de l’ordre. La police de Bruxelles-Capitale/Ixelles a annoncé avoir interpellé plusieurs dizaines de personnes.

Les pompiers sont également intervenus pour éteindre les incendies déclenchés par certains manifestants sur la place de l’Yser. La police a également constaté que « des projectiles, des bombes de peinture et des feux d’artifice » avaient été lancés en direction du bâtiment du bureau de l’immigration, boulevard Pachéco.

« En raison des dégâts causés à la façade du bâtiment, nos services ont bouclé et interpellé les personnes impliquées. » Les forces de l’ordre ont également enlevé les barricades érigées par les manifestants sur la voie publique, notamment sur l’avenue de la Couronne et le boulevard du Roi Albert.

Cette journée nationale d’action a entraîné des perturbations dans les transports en bus, tramway et métro du pays. La société ferroviaire SNCB a cependant été relativement épargnée par les perturbations. Les aéroports, en revanche, étaient quasiment à l’arrêt. De nombreuses autorités, écoles, tribunaux, hôpitaux et prisons fonctionnent également dans une mesure limitée.

Parallèlement, le syndicat socialiste de la fonction publique, la CGSP, a annoncé une nouvelle mobilisation. Ce sera un jour de grève pour la CGSP, explique Mme Reniers.
Ces actions visent à dénoncer les mesures gouvernementales affectant les fonctionnaires, notamment la réforme des retraites. Elle assure que les salariés du secteur public devront faire de nouvelles concessions. « Nous avons investi beaucoup de temps dans les négociations, mais nous n’avons vu aucune concession concrète en réponse à nos revendications », explique le syndicaliste.

La CGSP estime qu’il y a trop peu d’investissements dans les services publics. « Ce sont des services qui nécessitent beaucoup de ressources humaines, non seulement dans les soins de santé, mais aussi dans l’éducation, les prisons, les pompiers et la police, pour ne citer que ceux-là », explique Mme Reiners. Elle regrette des décisions « visant à réduire au minimum les services publics et les effectifs ».

Le syndicat libéral SLFP doit encore décider en interne s’il participera à la journée d’action, a déclaré son leader Patrick Roijens. Quant au CSC, le comité national prendra une décision jeudi, a expliqué le vice-président du CSC Services publics, Stéphane Deldicque. (créer)