Pas de « cordon sanitaire » : après Ranst, il y a eu aussi une coalition avec le Vlaams Belang d’extrême droite à Izegem

MISE À JOUR – Après la première à Ranst dans la province d’Anvers, le « Cordon sanitaire » sera désormais également rompu à Izegem en Flandre occidentale. La liste Stip+ entre dans une coalition avec le parti d’extrême droite Vlaams Belang.

Kurt Grymonprez, tête de liste Stip+, deviendra maire de la ville de 29 000 habitants. Lors d’une conférence de presse samedi, Stip+ a souligné que la coalition avec le Vlaams Belang était un choix fait exclusivement pour Izegem et indépendant de la politique nationale.

La liste Stip+, composée d’indépendants et de membres de l’Open VLD, avait gagné dix sièges, tandis que la liste N-VA du maire sortant Bert Maertens était tombée à huit sièges. De son côté, le Vlaams Belang disposait de cinq sièges, tandis que le CD&V et le cartel Vooruit Groen disposaient de trois sièges.

20 octobre 2024, Belgique, Ranst : Christel Engelen (l, Vlaams Belang), Bart Goris (M, PIT) et Tim Peeters (r, Vrij Ranst) lors d’une conférence de presse pour la nouvelle majorité. Engelen devient le premier échevin d’extrême droite en Belgique. Photo de : Belga

L’ancien échevin et futur maire Grymonprez cherchait dans un premier temps une coalition avec le CD&V et le Vooruit-Groen, mais le CD&V a finalement préféré négocier un accord avec la N-VA. En conséquence, Stip+ a envisagé une alliance avec le Vlaams Belang malgré une très faible majorité (15 sur 29).

Grymonprez a détaillé les discussions avec son prédécesseur Bert Maertens de la N-VA. « Je lui ai demandé de proposer immédiatement, mais cela ne s’est pas produit. A quoi bon attendre ? Sans le CD&V, la N-VA n’était pas disposée à travailler avec nous», a-t-il reconnu.

Stip+ a assuré que toutes les options avaient été explorées avant la conclusion de l’accord avec le Vlaams Belang. « Nous entretenions de très bonnes relations avec Vooruit-Groen. La semaine dernière, nous avons même eu l’accord du CD&V, mais ils ont changé d’avis une heure plus tard. Et après leur défaite, il était de toute façon difficile de continuer avec la N-VA.»

27 mai 2019, Belgique, Bruxelles : Tom Van Grieken, président du parti Vlaams Belang, prend la parole lors d’une conférence de presse. Photo : Virginie Mayo/AP/dpa

Après Ranst dans la province d’Anvers, c’est la deuxième fois que le « Cordon sanitaire » est rompu en Flandre. Là, le groupe local du Vlaams Belang a dû changer de nom pour être accepté au sein du conseil communautaire. Ce ne sera pas le cas à Izegem. Une charte claire a été élaborée, que les membres du Vlaams Belang doivent signer et respecter, a-t-on annoncé lors de la conférence de presse.

Le Vlaams Belang aura également un bourgmestre à Ninove, en Flandre orientale, où la liste Forza Ninove de Guy D’haeseleer a obtenu la majorité absolue.

Le « Cordon sanitaire » est une spécialité belge. Cela remonte au début des années 1990. Lors des élections législatives du 24 novembre 1991, qui sont restées dans l’histoire belge sous le nom de « Dimanche noir », le Vlaams Blok, rebaptisé Vlaams Belang après une condamnation judiciaire pour racisme, a remporté une victoire électorale majeure avec 12 sièges à la Chambre des représentants. Députés. En réponse, les cinq partis établis en Flandre se sont engagés à exclure l’extrême droite de toutes les coalitions politiques.

Après la première rupture du « Cordon sanitaire » à Ranst, le chef du parti flamand d’extrême droite, Tom Van Grieken, a exprimé l’espoir que Ranst donnerait « du courage » à d’autres partis dans d’autres communes pour faire de même et avec le Vlaams Belang pour travailler ensemble. Filip Dewinter, figure historique du parti, a déclaré qu’il espérait même que Ranst déclencherait « une réaction en chaîne ». (créer)