Le ministre fédéral de la Santé, Frank Vandenbroucke (Vooruit), souhaite remettre au travail environ 100 000 personnes malades de longue durée d’ici 2030. Si rien n’était fait, environ 150 000 personnes supplémentaires seraient incapables de travailler d’ici 2030.
Il y a actuellement 526 000 malades de longue durée qui coûtent à la sécurité sociale 11 milliards d’euros par an. D’ici 2030, le gouvernement fédéral souhaite réduire de 100 000 le nombre de malades de longue durée par rapport aux prévisions. L’objectif est que pas plus de 588.000 Belges ne soient incapables de travailler pendant plus d’un an. C’est plus qu’aujourd’hui, mais moins que prévu. Cela correspond à une économie de 1,9 milliard d’euros.
– Ce qui va changer pour les malades de LONGUE DURÉE : Les chômeurs de longue durée doivent travailler plus dur s’ils veulent conserver leurs allocations. Il avait déjà été décidé qu’un questionnaire devait être rempli après 10 semaines d’arrêt de travail et qu’un médecin devait être consulté au moins trois fois au cours de la première année d’arrêt de travail. Ne pas le faire peut entraîner une sanction pouvant aller jusqu’au retrait complet de l’aide.

Il a désormais été décidé qu’à partir de 2026, un certificat d’incapacité de travail ne sera valable qu’un an. Toute personne incapable de travailler pendant une longue période doit donc être examinée par un médecin au moins une fois par an afin de déterminer si elle reste trop malade pour travailler. Si tel est le cas, l’incapacité de travail peut être prolongée d’un an. Toutefois, si le médecin estime que le patient est apte au travail ou si l’examen n’a pas lieu, les indemnités de maladie seront tout simplement supprimées.
Cette mesure devrait permettre de supprimer du travail 3 % des malades de longue durée, ce qui représente une économie de 869 millions d’euros.
Les personnes atteintes d’une maladie très grave n’ont pas besoin de faire renouveler ce certificat chaque année. Il s’agit par exemple des personnes atteintes d’un cancer ou d’une démence (précoce ou non).
– Ce qui va changer pour les MÉDECINS : Le fait qu’un médecin doive vérifier chaque année si un patient reste inapte au travail n’est pas la seule mesure introduite pour réglementer la manière dont les médecins délivrent les certificats d’incapacité de travail.
Un médecin n’est autorisé à délivrer un premier avis de maladie que pour une durée maximale de trois semaines. Cela signifie qu’après ce délai, vous devrez à nouveau consulter un médecin afin d’obtenir un nouveau certificat.

Pour les certificats suivants, le médecin peut vous déclarer malade pour une durée maximale de trois mois. Toutefois, à partir d’un an de maladie, l’attestation peut couvrir une période d’un an : à partir de ce moment, on parle officiellement de « maladie de longue durée » ou d’« incapacité de travail ».
Les détails restent encore à déterminer, mais cela concerne principalement les troubles psychologiques comme le burn-out. Une personne qui porte un plâtre pendant six semaines et qui est incapable de faire son travail n’aura probablement pas besoin de retourner chez le médecin au bout de trois semaines.
À l’avenir, les médecins devront également indiquer sur le certificat d’incapacité de travail la durée prévue de l’incapacité de travail ainsi que les éventuelles options d’aménagement comme le télétravail ou la réduction du temps de travail.
Les médecins qui délivrent des notes de maladie excessives ou trop longues seront également appelés à la tâche. Cela sera possible car tous les certificats seront désormais stockés dans une base de données afin que l’INAMI puisse utiliser le data mining pour détecter les irrégularités.
– Ce qui va changer pour les COMPAGNIES D’ASSURANCE MALADIE : Pas moins de 218 000 personnes atteintes d’une maladie de longue durée peuvent s’attendre à recevoir une convocation de leur caisse d’assurance maladie d’ici 2029. Un médecin légiste doit vérifier si elles ne peuvent pas reprendre le travail. L’accent est mis sur les jeunes, les personnes souffrant de troubles mentaux et de maux de dos, car ce sont eux qui sont malades le plus souvent et le plus longtemps.
Les personnes incapables de travailler jusqu’à leur retraite sont également contrôlées plus fréquemment. Selon un échantillon réalisé par l’INAMI, un quart de ce groupe a perdu l’aide.

Avec ces contrôles ciblés, le gouvernement veut économiser 949 millions d’euros et remettre 37.000 Belges au travail. Les caisses maladie qui ne coopèrent pas « le ressentiront dans leur financement ».
– Ce qui va changer pour les ENTREPRISES : Si un salarié tombe malade, l’employeur continue de lui verser l’intégralité de son salaire pendant quatre semaines. Le salarié malade perçoit alors une prestation de la caisse d’assurance maladie. Après un mois de maladie, l’employeur ne dispose que de peu d’incitations financières pour encourager le retour au travail.
Cela devrait changer, car les entreprises de plus de 50 salariés doivent prendre en charge 30 pour cent des indemnités de maladie pendant quatre mois. Le gouvernement espère que cela encouragera les employeurs à investir davantage dans la prévention des problèmes de santé mentale et à être plus actifs dans la recherche d’emplois convenables.
Les associations patronales ne sont pas du tout enthousiastes à ce sujet. Ils estiment qu’ils ne sont pas responsables si un employé est incapable de travailler à cause, par exemple, d’un accident de ski. Le ministre de la Santé Vandenbroucke promet cependant que cet argent sera réinvesti dans les entreprises sous forme de réductions d’impôts. La prime sera également augmentée pour les entreprises qui embauchent une personne malade de longue durée et l’emploient pendant au moins trois mois. (créer)