La Belgique a de plus en plus besoin d’électricité de l’étranger, principalement de France et des Pays-Bas.

La Belgique a franchi un seuil historique en avril 2026 – et cela soulève des questions inconfortables. Le pays n’a jamais été aussi dépendant de l’électricité étrangère.

Les données de la plateforme Energy Charts, basées sur les informations du gestionnaire de réseau du groupe Elia, montrent une évolution que les experts prévoyaient depuis des années – mais qui devient aujourd’hui une réalité de plein fouet.

Ce qui a longtemps été considéré comme une phase de transition évolue de plus en plus vers une situation structurelle : la Belgique est dépendante du réseau électrique de ses voisins.

Comme le rapporte le quotidien flamand « De Standaard », le pays a couvert en avril plus que jamais auparavant ses besoins en électricité grâce aux importations. Les livraisons en provenance de France et des Pays-Bas notamment ont maintenu l’éclairage. Sans eux, la situation de l’offre aurait été nettement plus tendue.

– Un pays perd sa base énergétique : Les raisons de cette évolution sont profondes – et en grande partie d’origine locale. La Belgique réduit sa capacité nucléaire depuis des années. Sur les sept réacteurs qui existaient autrefois, seuls deux sont encore en activité aujourd’hui : Doel 4 près d’Anvers et Tihange 3 près de Liège. Ils sont considérés comme les derniers piliers stables de la production nationale d’électricité et devraient actuellement se poursuivre jusqu’en 2035.

Le reste appartient déjà à l’histoire : plusieurs réacteurs ont été arrêtés ces dernières années. Cela signifie qu’une grande partie de la charge de base fiable a disparu. Ce qui reste, c’est un système énergétique en transition – mais toujours sans fondation stable.

Dans le même temps, la part des énergies renouvelables augmente. Les éoliennes et les systèmes solaires fournissent de plus en plus d’électricité, mais pas toujours lorsque cela est nécessaire. S’il n’y a pas de vent ou si le soleil est caché, un espace se crée. Une lacune que la Belgique doit de plus en plus combler à l’étranger.

– Dépendance à risque : Cette évolution est plus qu’une simple note statistique. Cela change fondamentalement le rôle de la Belgique dans le système énergétique européen. Parce que quiconque dépend des importations se rend vulnérable. Si les prix augmentent à l’étranger ou si les pays voisins eux-mêmes sont sous pression, la situation peut rapidement se détériorer. Le contrôle de votre propre approvisionnement en énergie disparaît – petit à petit.

Dans le même temps, la concurrence pour l’électricité s’intensifie en Europe. De plus en plus de pays s’appuient sur les énergies renouvelables et des marchés flexibles. En période de forte demande, cela peut signifier que si vous arrivez en retard, vous payez plus – ou obtenez moins.

– Signal d’avertissement pour l’avenir : Le mois record d’avril n’est donc pas une exception. C’est un signal d’alarme. La Belgique se trouve à un tournant : le pays doit-il continuer à dépendre fortement des importations – ou doit-il à nouveau renforcer ses propres capacités ? La réponse à cette question influencera non seulement les prix de l’électricité, mais aussi la sécurité de l’approvisionnement dans les années à venir. Le mois d’avril montre déjà clairement une chose : l’époque de la complaisance en matière de politique énergétique est révolue. (créer)