« Doomsday Clock » 85 secondes avant minuit : l’humanité est plus proche que jamais du gouffre ?

Les scientifiques utilisent « l’horloge de la fin du monde » depuis des années pour évaluer à quel point, selon eux, l’humanité est proche de l’abîme. La situation actuelle les inquiète beaucoup.

Compte tenu de l’instabilité de la situation mondiale, les scientifiques ont pour la première fois réglé les aiguilles de l’« horloge de la fin du monde » à 85 secondes avant minuit, avertissant ainsi d’une catastrophe mondiale. L’horloge n’est pas considérée comme un instrument de mesure scientifique, mais plutôt comme un système d’avertissement symbolique par lequel les chercheurs souhaitent attirer l’attention sur les risques existentiels pour l’humanité.

Les chercheurs du Bulletin of the Atomic Scientists à Washington ont déclaré que le comportement agressif des puissances nucléaires que sont la Russie, la Chine et les États-Unis, la crise climatique, les conflits en Ukraine et au Moyen-Orient ainsi que les effets possibles de l’intelligence artificielle figuraient parmi les causes d’inquiétude. L’organisme a été fondé en 1945 par des scientifiques impliqués dans le développement de la bombe atomique.

Ces dernières années, les aiguilles de l’horloge se sont rapprochées de plus en plus de minuit – de 100 secondes à 90, puis l’année dernière à 89. À 85 secondes, les aiguilles sont désormais plus proches de minuit que jamais dans l’histoire de « l’horloge de la fin du monde ». Même dans les phases les plus dangereuses de la guerre froide, l’horloge était parfois plus éloignée de minuit, expliquent les chercheurs.

Selon les scientifiques, le risque que l’humanité soit anéantie par une guerre nucléaire ou par un réchauffement climatique auto-infligé est aujourd’hui plus grand que jamais depuis l’invention de l’horloge en 1947. Pour la première fois, plusieurs risques existentiels s’intensifieraient en même temps – militaires, écologiques et technologiques.

Le statut symbolique de l’horloge est annoncé une fois par an. Les critiques considèrent le modèle comme un symbole exagéré qui ne fait que simplifier des développements mondiaux complexes. Les scientifiques ont néanmoins appelé les gouvernements du monde entier à accroître la coopération internationale, le contrôle des armements et une protection climatique décisive. (dpa/cré)