Les gens étaient-ils toujours autorisés à manger des fruits et légumes de leur jardin après la fumée et les cendres du Vennfire ? L’eau potable était-elle salubre ? Et pourquoi a-t-il fallu plus de temps pour que des informations sanitaires plus détaillées parviennent aux communautés affectées ?
La députée régionale germanophone Christine Mauel (MR-PFF) suit ces questions depuis le début de la crise et les a de nouveau évoquées lors du débat d’aujourd’hui au Parlement wallon.
La raison en était, entre autres, une demande du Centre de Protection des Consommateurs, le point de contact de l’Est de la Belgique pour les questions des consommateurs. Mauel a recherché les recommandations déjà publiées par la Wallonie et l’AVIQ et les a transmises au centre de protection des consommateurs le 4 septembre.
Ce qui suit s’applique aux fruits et légumes de votre propre jardin :
• Lavez soigneusement les fruits et légumes avec de l’eau avant de les consommer ;
• Peler les légumes-racines et tubercules ;
• Jetez les aliments non emballés s’ils ont été directement exposés à des cendres ou à de la suie.

« J’ai pu transmettre rapidement ces informations pratiques au centre de protection des consommateurs. Cependant, on ne savait pas exactement sur quelle évaluation scientifique elles se fondaient et si des enquêtes sur place étaient prévues. C’est précisément sur ces questions que j’ai discuté au Parlement », explique Mauel.
La réponse du ministre de la Santé et de l’Environnement, Yves Coppieters, est d’abord rassurante : les quantités de cendres déposées sont estimées trop faibles pour contaminer significativement les sols. Une éventuelle contamination des produits maraîchers proviendrait donc principalement de dépôts directs de l’air et non de l’absorption de polluants du sol.
Selon le ministre, des échantillons de sol seront également prélevés dans le cadre d’une surveillance environnementale plus approfondie. Les détails et les résultats ne sont pas encore disponibles. Mauel exige que ceux-ci soient ensuite transmis directement et en allemand à la population et au centre de protection des consommateurs.
Les résultats précédents sur l’eau potable sont également rassurants : ni une dégradation de la qualité de l’eau ni aucun dépassement des limites sanitaires n’ont été constatés. Cependant, en raison d’éventuelles entrées retardées, la surveillance accrue se poursuivra jusqu’à fin 2026.

Le principe de précaution appliqué aux agents extincteurs. Les produits ignifuges, les agents mouillants et les mousses anti-incendie n’ont pas été utilisés dans les zones de tourbière car leur sécurité pour l’eau et les ressources en eau potable ne pouvait être garantie. Les PFAS continueront d’être surveillés pour déterminer si l’incendie a pu libérer des polluants précédemment déposés dans les sols tourbeux.
Le ministre a trouvé des mots clairs sur la pollution par la fumée : « La bonne fumée n’existe pas. La fumée est mauvaise par définition. » Toute personne se trouvant sous un panache de fumée doit éviter de s’y exposer, entrer dans la maison, fermer les portes et les fenêtres et, si nécessaire, éteindre la ventilation.
Dans le même temps, le ministre a admis que des informations plus détaillées sur les risques posés par les poussières fines et le monoxyde de carbone auraient dû parvenir plus rapidement à la population le dimanche 16 août. Les informations sanitaires détaillées et les masques FFP2 sont parvenus dans la zone concernée dès lundi.
« Je reconnais expressément le travail extraordinaire des pompiers, de la DNF, de la protection civile, des communautés, des agriculteurs, des bénévoles et de tous les services impliqués. Pendant la crise, des solutions ont été trouvées et les systèmes ont été adaptés. Mais l’honnêteté signifie aussi reconnaître le retard identifié et en tirer des conséquences contraignantes », souligne Mauel.
Le système d’alerte précédent évalue principalement la qualité de l’air sur la base de valeurs moyennes à grande échelle sur 24 heures. Dans le Vennfire, en revanche, il y avait des pics de charge courts et localisés, mais parfois très élevés. Le système existant n’est pas suffisamment conçu précisément pour de tels événements.

Le ministre souhaite donc proposer au gouvernement wallon une surveillance continue plus réactive. Des appareils de mesure mobiles supplémentaires, la modélisation des panaches de fumée, un lien plus étroit entre les données environnementales et sanitaires et une éventuelle extension de BE-Alert aux risques environnementaux et sanitaires sont également à l’étude. Les drones pourraient également jouer un rôle à l’avenir. Cependant, ce nouveau système n’est pas encore décidé.
« Les bonnes approches sont sur la table. Nous avons maintenant besoin d’un calendrier clair, de responsabilités claires, de messages d’avertissement préparés et des ressources humaines, techniques et financières nécessaires. La population ne devrait pas avoir à collecter et interpréter elle-même les valeurs mesurées la prochaine fois qu’il y aura un panache de fumée », exige Mauel.
Le ministre a proposé de revenir en commission dans quelques semaines avec les résultats des analyses en cours. Mauel souhaite continuer à suivre de près la mise en œuvre : « Je suis ces questions de manière cohérente depuis le début de la crise. Les premières réponses sont rassurantes. Mais le traitement n’est pas complet. Mesurer seul ne suffit pas – les bonnes informations doivent parvenir aux gens rapidement, de manière compréhensible, localement et bien sûr en allemand. »