Amère défaite de Trump : la Cour suprême déclare illégales la plupart des tarifs douaniers américains qu’il a imposés

Au risque que l’un ou l’autre lecteur de « Ostbelgien Direkt » critique une fois de plus le trop grand nombre de reportages sur le président américain Donald Trump, ce rapport est d’une grande importance pour l’économie mondiale en général et pour l’économie européenne en particulier : Trump a essuyé une amère défaite devant la Cour suprême vendredi dans le différend sur sa politique douanière agressive.

La Cour suprême des États-Unis a statué que Trump avait outrepassé son autorité en invoquant la loi d’urgence pour imposer des droits de douane drastiques à des dizaines de partenaires commerciaux, dont l’Union européenne. La décision a été prise à une nette majorité de six contre trois des neuf juges.

Avec cette décision, les tarifs douaniers de grande envergure imposés par Trump manquent désormais de base légale. Cependant, l’équipe de Trump avait déjà annoncé qu’en cas de défaite devant les tribunaux, elle tenterait de recourir à d’autres bases juridiques afin de continuer à faire respecter la politique douanière du président américain.

De nombreux partenaires commerciaux des États-Unis espèrent désormais probablement un allègement des droits de douane américains. Il n’est toutefois pas certain que ces changements se produiront réellement à long terme.

– Quels sont les droits de douane concernés : Le président américain a notamment invoqué la loi d’urgence pour les droits de douane spécifiques à certains pays annoncés pour la première fois début avril et qui affectent des dizaines de partenaires commerciaux des États-Unis. Son administration a ensuite accordé des délais aux pays pour poursuivre les négociations avec les États-Unis. En conséquence, certains taux de droits de douane ont été modifiés, notamment dans le cas de l’UE, un accord a été conclu. Depuis début août, un taux de droit de 15 pour cent s’applique aux importations de la plupart des produits européens aux États-Unis.

Il n’était pas clair dans l’immédiat comment la décision du tribunal affecterait les tarifs douaniers américains convenus dans le cadre de ces accords commerciaux. Il n’était pas non plus clair au départ si les entreprises recevraient un remboursement des impôts qu’elles avaient déjà payés. Les observateurs et les juges ont par le passé mis en garde contre un possible « chaos » bureaucratique si le gouvernement était obligé de débourser des milliards.

– Ce que signifie la décision : La décision limite considérablement les pouvoirs présidentiels en matière de politique commerciale que Trump s’était auparavant attribués. Les juges ont clairement indiqué que seul le Parlement américain avait le pouvoir d’imposer des taxes et des droits de douane. La loi d’urgence autorise le président à réglementer le commerce extérieur en cas d’urgence nationale, mais pas à imposer des droits de douane. Il s’agit d’une défaite amère pour Trump, qui souligne à plusieurs reprises que les droits de douane sont l’un de ses instruments favoris.

Depuis le début de son deuxième mandat, il a imposé des droits de douane à de nombreux pays, dont les États de l’UE. Son gouvernement a invoqué la Loi sur les pouvoirs économiques d’urgence internationaux (IEEPA). La loi de 1977 stipule qu’un président peut émettre des décrets en cas de crise sans avoir à s’adresser au Congrès.

Trump a fait valoir qu’un déséquilibre permanent du commerce international menaçait la sécurité nationale et considérait donc l’état d’urgence du pays comme respecté.

Plusieurs entreprises et États américains ont saisi les tribunaux contre cette pratique. Les tribunaux inférieurs ont statué en leur faveur, mais Trump a fait appel, de sorte que les tarifs sont restés en place et l’affaire a finalement abouti devant la Cour suprême.

Lors de l’audience début novembre, plusieurs juges, notamment conservateurs, ont exprimé des doutes sur l’argumentation du gouvernement. Ils se sont demandé si presque tous les principaux partenaires commerciaux des États-Unis pouvaient être considérés comme des risques pour la sécurité.

Dans leur décision, les juges ont soutenu que les États-Unis n’étaient pas en guerre avec tous les pays concernés et que la mesure ne pouvait donc pas être fondée sur des puissances de guerre. En temps de paix, le président n’a pas le pouvoir d’imposer des tarifs douaniers. (dpa)

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