Le différend entre Ryanair et le gouvernement belge continue de s’intensifier. Le patron de la compagnie aérienne, Michael O’Leary, met une nouvelle fois en garde contre l’arrêt des vols en provenance de Belgique et le transfert de capacités vers d’autres pays européens.
La raison en est l’augmentation des taxes et des droits sur le trafic aérien qui, selon la compagnie aérienne à bas prix, place la Belgique dans une position concurrentielle désavantageuse. Cependant, les hommes politiques et les médias réagissent avec un calme surprenant à ces menaces.
Les avertissements du patron de Ryanair, Michael O’Leary, s’inscrivent dans le cadre d’un conflit qui couve depuis des mois avec le gouvernement belge au sujet de l’augmentation des taxes sur le trafic aérien. Ryanair affirme qu’avec l’augmentation des taxes sur les passagers et des taxes locales supplémentaires – en particulier à l’aéroport de Charleroi – la Belgique détériore sa compétitivité par rapport à des pays comme l’Italie, la Suède, la Hongrie et la Slovaquie, qui accordent des allégements fiscaux au trafic aérien.

Selon la compagnie, Ryanair souhaite donc réduire considérablement ses capacités en Belgique. Au début de l’année, la compagnie aérienne a annoncé qu’elle réduirait son offre en Belgique d’un total d’environ deux millions de sièges en deux étapes. Aujourd’hui, Michael O’Leary réitère cette menace et annonce la perspective de suspendre les vols en provenance de Belgique ou de réduire les fréquences sur de nombreuses liaisons.
L’aéroport de Bruxelles-Charleroi, considéré comme la base Ryanair la plus importante en Belgique, ainsi que les liaisons depuis Bruxelles-Zaventem seraient concernés. Cependant, la compagnie n’a pas encore annoncé quels itinéraires individuels seront effectivement annulés.
O’Leary justifie cette mesure par ce qu’il considère comme des charges gouvernementales excessives pour les compagnies aériennes. La hausse des impôts a conduit Ryanair à déplacer ses avions et ses investissements vers des pays où les coûts d’exploitation étaient inférieurs.
Le gouvernement belge s’y oppose. Elle souligne que les taxes plus élevées font partie de son budget et de sa politique climatique et que l’aviation doit apporter une contribution appropriée. Les milieux gouvernementaux affirment également que la Belgique ne se laissera pas mettre sous pression par les menaces d’une seule compagnie aérienne.

La décision de Ryanair est également peu comprise dans les médias belges. Le journal « De Standaard » écrit dans un éditorial que le gouvernement – contrairement à certains pays voisins – ne s’est pas laissé intimider par la « machine de lobbying de Ryanair ». Michael O’Leary poursuit la même stratégie depuis des années : dès que les taxes ou les redevances aéroportuaires augmentent, la compagnie aérienne à bas prix menace de supprimer des liaisons afin d’accroître la pression politique. Le journal admet que l’aéroport de Charleroi en particulier, fortement dépendant de Ryanair, pourrait souffrir économiquement d’une réduction des services. Dans l’ensemble, le journal considère toutefois les dernières annonces comme une tactique de négociation.
En fait, Ryanair a déjà proféré des menaces similaires dans plusieurs pays européens. En Autriche, en Allemagne et en Italie, la compagnie aérienne a également annoncé dans le passé qu’elle retirerait de la capacité ou interromprait des liaisons si les taxes ou les frais étaient augmentés. Des coupures individuelles ont souvent suivi, mais en même temps de nouvelles connexions ont été rétablies suite à l’amélioration des conditions.
Reste donc à savoir si cette fois-ci il y aura effectivement un retrait majeur de Ryanair de Belgique. Rien ne changera pour le moment pour les voyageurs. Les vols déjà réservés resteront valables tant que Ryanair n’annoncera pas de modifications spécifiques dans l’horaire des vols.
Si les liaisons sont effectivement interrompues, les passagers concernés devraient être informés en temps utile et auraient droit à une nouvelle réservation ou à un remboursement en vertu des droits des passagers européens applicables. (créer)