Lundi, l’avion de Brussels Airlines transportant des joueurs, des entraîneurs et des accompagnants des Diables Rouges a décollé de Bruxelles à destination de Seattle aux Etats-Unis. Et je dois admettre que j’ai ressenti des sentiments positifs similaires à ceux de juin 2018, lorsque la « génération dorée » est partie pour la Russie et a terminé troisième de la Coupe du monde.
Bien entendu, les sentiments ne servent à rien lorsqu’on est confronté à la réalité sur le terrain. Les humeurs peuvent rapidement changer. Le football n’est souvent qu’une question de détails : un handball controversé, une erreur défensive stupide, un penalty manqué, un tir contre le poteau…
Et pourtant : l’équipe nationale belge de football d’aujourd’hui a tout ce qu’il faut pour faire bonne impression lors de la Coupe du monde qui débute jeudi aux États-Unis, au Mexique et au Canada, et peut-être même devenir l’une des surprises.

Le fait qu’aucun des soi-disant experts ne compte la Belgique parmi les favoris ne peut qu’avoir un effet positif, car la pression retombe alors sur les autres participants. Les Diables Rouges peuvent jouer beaucoup plus librement aux États-Unis que lors de la Coupe du monde 2022 au Qatar ou du Championnat d’Europe 2024 en Allemagne.
Le changement a été réussi sous la direction de l’entraîneur Rudi Garcia. La Belgique dispose à nouveau d’une équipe nationale solide avec un bon mélange de joueurs éprouvés tels que Thibaut Courtois, Thomas Meunier, Kevin De Bruyne, Youri Tielemans et Axel Witsel et de jeunes affamés comme Jérémy Doku, Amadou Onana, Charles De Ketelaere, Nicolas Raskin, Nathan Ngoy, Dodi Lukebakio, Diego Moreira et Matias Fernandez-Pardo.
La particularité de l’équipe nationale actuelle : à l’exception de l’attaquant, où Romelu Lukaku ne peut être remplacé qu’à l’aide d’un « faux neuf » (Charles De Ketelaere, Leandro Trossard, Matias Fernandez-Pardo…), l’entraîneur Garcia dispose d’alternatives plus ou moins équivalentes à tous les autres postes. Cela n’existait même pas sous la « génération dorée ».

Si Thibaut Courtois devait être blessé, nous aurions au moins le gardien titulaire de Manchester United, Senne Lammens, récemment élu meilleur transfert de Premier League. Lorsque Zeno Debast a été blessé, certains pensaient déjà que le problème était insoluble. Deux matches amicaux ont suffi pour conclure que Nathan Ngoy est probablement encore meilleur que le défenseur central du Sporting Lisbonne.
Du côté droit et gauche de la défense, Garcia a l’embarras du choix avec Thomas Meunier, Timothy Castagne, Joaquin Seys, Arthur Theate et Maxime De Cuyper. L’entraîneur peut désormais même passer à une défense à trois avec Amadou Onana comme chef de la défense, comme cela a été démontré lors du match amical contre la Croatie à Rijeka.
Au milieu de terrain, des joueurs comme Hans Vanaken et Nicolas Raskin risquent de devoir pour l’instant débuter sur le banc. Et imaginez : même la perte de Kevin De Bruyne ne serait pas une catastrophe aujourd’hui, car avec Vanaken, il y a un joueur qui peut facilement assumer le rôle de KDB. Il y a même des experts qui considèrent actuellement Vanaken comme meilleur que De Bruyne, qui n’est plus le De Bruyne de Manchester City, même s’il a montré une forme améliorée en Croatie et contre la Tunisie et semblait plus motivé qu’il ne l’était depuis longtemps.

Au mieux, une défaite de Jérémy Doku serait difficile à gérer. Le documentaire est désormais de classe mondiale. On ne peut que prier pour que le joueur de 24 ans ne soit pas blessé. A droite, plusieurs options se présentent en revanche avec Leandro Drossard, Dodi Lukebakio, Alexis Saelemaekers et Diego Moreira.
Enfin, il faut également souligner le travail de l’entraîneur : avec Rudi Garcia, la Fédération belge de football semble avoir trouvé exactement l’homme qu’il faut, du moins d’après ce que l’on sait jusqu’à présent. Les premières difficultés, notamment liées aux relations avec les journalistes flamands, ont probablement été rapidement résolues grâce au soutien actif du directeur sportif Vincent Mannaert. Après l’échec du prédécesseur de Garcia, Domenico Tedesco, l’Union Belge n’a plus commis l’erreur de prolonger le contrat de l’entraîneur avant le tournoi.
Garcia a peut-être atteint ses deux premiers objectifs, à savoir rester dans la A-League de la Ligue des Nations et se qualifier directement pour la Coupe du monde 2026, mais il se mesurera avant tout à la manière dont les Diables rouges se sortiront de l’affaire sous sa direction lors de la Coupe du monde aux États-Unis, au Mexique et au Canada. (créer)