Le Parlement européen a adopté jeudi sa position sur le règlement sur le retour et a considérablement renforcé la proposition de la Commission. À l’avenir, les personnes en séjour irrégulier dans l’UE devraient pouvoir être expulsées plus rapidement.
Le groupe conservateur PPE a développé et présenté cette initiative en collaboration avec des groupes de droite. L’eurodéputé de l’Est de la Belgique Pascal Arimont (CSP/PPE) a déclaré qu’il avait voté non.
Le texte adopté vise, entre autres, à permettre l’expulsion des demandeurs d’asile vers des centres de retour situés dans des pays extérieurs à l’UE. C’est le préalable aux négociations avec les représentants des Etats membres qui souhaitent également faire avancer l’idée de centres de retour.
« Aujourd’hui, nous montrons clairement que des solutions européennes pour lutter contre l’immigration clandestine sont possibles », a déclaré Manfred Weber, homme politique de la CSU et chef du groupe parlementaire PPE. Les citoyens européens attendaient une action décisive. Actuellement, seule une fraction des décisions d’expulsion est appliquée. Les choses sont en train de changer : « Quiconque n’a pas le droit de résider dans l’UE doit quitter le pays », déclare Weber.

Le vote est particulièrement explosif car le texte a non seulement été adopté avec le soutien de la droite, mais a également été voté avec elle. C’est ce qu’a récemment démontré une étude de l’agence de presse allemande, qui a révélé, entre autres, des accords dans un groupe de discussion et une réunion personnelle entre députés. Le groupe PPE dirigé par Weber a en fait toujours donné l’impression qu’il excluait toute coopération avec des partis comme l’AfD.
Weber a déclaré qu’il n’était pas au courant des événements. Selon les informations de la DPA, le chef du groupe parlementaire PPE a clairement indiqué en interne que les contacts avec l’AfD étaient inacceptables et ne devaient pas être répétés.
– Obligation de coopérer pour les demandeurs d’asile déboutés : Outre les centres de retour, la nouvelle loi vise également à créer des règles plus claires pour les retours et de nouvelles incitations au retour volontaire des migrants. Les demandeurs d’asile déboutés devraient également être obligés de participer activement à leur rapatriement. Les migrants qui refusent de coopérer devraient donc s’attendre à des réductions ou à l’annulation des pensions alimentaires ou à la confiscation des documents de voyage à travers l’Europe.
Selon les plans, ceux qui sont contraints de quitter le pays pourraient également être emprisonnés jusqu’à 24 mois, par exemple s’ils ne coopèrent pas. Une prolongation supplémentaire devrait être possible en cas de risques pour la sécurité.
Alors que les États membres de l’UE ne sont actuellement pas obligés de reconnaître les ordres d’expulsion émis par un autre État membre, le texte actuellement voté au Parlement stipule qu’une telle reconnaissance mutuelle deviendra obligatoire à partir de 2027 – à moins qu’elle ne contredise l’ordre public. Ce point est controversé parmi les États membres.

Le projet législatif proposé par la Commission européenne l’année dernière est resté bloqué au Parlement pendant des mois parce que le PPE, les sociaux-démocrates et les libéraux n’étaient pas parvenus à un accord. L’une des raisons était que les sociaux-démocrates ne voulaient pas accepter le concept de « centres de retour » sous sa forme actuelle. Les trois familles de partis travaillent en fait ensemble au sein d’une sorte de coalition informelle. Ils disposent d’une faible majorité au Parlement, ce qui devrait rendre inutile la coopération avec les extrémistes de droite.
Après l’échec des négociations, le député français François-Xavier Bellamy a présenté la proposition, soutenue par la droite. Dans ce contexte, selon les informations de la dpa, un employé du groupe parlementaire PPE et un employé de Bellamy ont échangé des idées avec les factions de droite au sein d’un groupe WhatsApp.
– Arimont envoie un « signal clair contre la coopération avec l’extrême droite » : Lors de la séance plénière du Parlement européen, le député européen de l’Est de la Belgique Pascal Arimont (CSP-PPE) a voté contre la position du Parlement pour les négociations sur le soi-disant « règlement sur le retour ».
« En raison des discussions précédentes sur la coopération entre certains collègues de mon groupe et des représentants de groupes d’extrême droite, j’ai délibérément voté contre ce texte. Mon objectif est d’envoyer un signal clair. Les majorités uniquement par et avec l’extrême droite sont et restent totalement inacceptables pour moi. Les partis d’extrême droite ont pour objectif de dissoudre l’UE et d’ériger des murs nationalistes. Je m’y oppose avec véhémence. »

L’eurodéputé de l’Est de la Belgique a également souligné : « À notre époque de blocs puissants et de crises géopolitiques croissantes, il suffit d’imaginer notre pays, la Belgique, sans l’UE, le marché intérieur ou l’euro. C’est pourquoi la coopération avec des partis comme l’AfD est et reste pour moi hors de question.
Enfin, Arimont a annoncé avoir déposé une protestation écrite auprès du président du groupe PPE. « Il reste important que toutes les factions centristes soient appelées à rechercher des compromis de manière constructive. De nos jours, nous ne pouvons plus nous permettre des blocages en plein Parlement. C’est exactement ce qui fait la force des partis extrêmes, car les problèmes non résolus sont leur terreau », a précisé Arimont, qui a également cité des raisons substantielles pour son rejet.
Arimont : « Les soi-disant centres de retour, qui sont censés être situés en dehors de l’UE, n’excluent pas, entre autres, la détention d’enfants avec leurs familles. Il est juste d’assurer systématiquement le retour en cas de rejet des demandes d’asile. Cependant, nous, au sein de l’UE, devons continuer à garantir les droits dont bénéficient toutes les personnes dans ces procédures. » (dpa/cré)