Un an de gouvernement en Arizona : le Premier ministre De Wever, de nationaliste flamand à homme d’État belge

Un an après son entrée en fonction, le bilan du gouvernement fédéral belge dirigé par le Premier ministre Bart De Wever (N-VA) dans les quotidiens est majoritairement mitigé mais différencié.

De nombreux commentateurs s’accordent à dire que le gouvernement de l’Arizona (N-VA, MR, Vooruit, Les Engagés et CD&V) était exceptionnellement capable d’agir par rapport à ses prédécesseurs. Après des années d’impasse politique, la coalition a effectivement lancé des réformes longtemps considérées comme difficiles, voire bloquées.

Elle a fixé très tôt des priorités, notamment en matière de politique budgétaire, sociale et migratoire, et n’a pas hésité à prendre des décisions impopulaires.

Parallèlement, de nombreux journaux soulignent que cette dynamique de réforme avait un prix. Les mesures d’austérité et les interventions structurelles ont exacerbé les tensions sociales, qui se sont traduites par des manifestations et des grèves.

Des voix critiques, notamment dans les médias de gauche et francophones, accusent le gouvernement de négliger l’équilibre social et de poursuivre le processus de réforme de manière trop technocratique ou idéologique. Bien que la consolidation budgétaire soit reconnue comme nécessaire, sa forme spécifique est souvent décrite comme socialement déséquilibrée.

Il existe de nettes différences régionales dans l’évaluation, même après un an. De nombreux journaux flamands sont dominés par l’impression que le gouvernement est enfin en place et que la Belgique est confrontée à des réalités inconfortables.

Dans les médias francophones, cependant, prévaut un scepticisme quant au rythme, au style et à l’impact social de la politique.

Le personnage Bart De Wever est clairement au centre des analyses. Même les critiques admettent que le maire d’Anvers a visiblement changé de fonction. L’ancien stratège des partis polarisants apparaît de plus en plus comme un chef de gouvernement aux allures d’homme d’État qui représente la Belgique sur la scène internationale et maintient la cohésion de la coalition au niveau national. De nombreux commentateurs parlent d’une modération consciente de son ton et d’une plus grande concentration sur la fonction de Premier ministre plutôt que sur la rhétorique nationaliste flamande. Même dans la partie francophone du pays, la popularité de De Wever augmente.

Pour le quotidien « La Dernière Heure », des ministres du gouvernement de l’Arizona, seuls le premier ministre De Wever (N-VA, note 7,5/10) et le ministre des Affaires étrangères Maxime Prévot (Les Engagés, note 7/10) tirent leur épingle du jeu. Les autres membres du cabinet n’obtiennent qu’une note moyenne, voire mauvaise.

Quant à De Wever, flanderninfo.be cite Dave Sinardet, professeur de sciences politiques à la Vrije Universiteit Brussel (VUB) et à l’UCLouvain Saint-Louis Bruxelles, qui cite deux moments brillants qui, selon lui, ont marqué la première année de mandat de De Wever.

Fin novembre, De Wever a réussi à parvenir à un accord budgétaire et a ainsi évité une grave crise gouvernementale, a déclaré Sinardet. Le deuxième moment est survenu un mois plus tard lorsque, après des mois de discussions, De Wever a résisté aux pressions de l’Allemagne et de la Commission européenne et a remporté la bataille pour les avoirs russes gelés chez Euroclear.

« Cela lui a soudainement conféré le statut d’un homme d’État européen. De Wever a montré qu’il pouvait être un chef de gouvernement fort – tant au niveau belge qu’européen », a déclaré Sinardet. Il convient également de noter que De Wever est désormais Premier ministre belge sans réel progrès sur la question de l’autonomie. C’est même « historique ».

Dans le même temps, selon Sinardet, De Wever reste un personnage controversé. « Sa communication sobre, parfois dure, continue de rencontrer des résistances, et ses opposants l’accusent d’exacerber les conflits sociaux plutôt que de les modérer. Alors que ses partisans le voient comme un réaliste nécessaire, d’autres le voient comme le symbole d’une politique qui place la stabilité économique au-dessus de la sensibilité sociale. » (créer)