« Très autoritaire » : l’ancien président du Conseil Charles Michel critique la présidente de la Commission Ursula von der Leyen

L’ancien président du Conseil européen, Charles Michel, a exprimé des critiques particulièrement sévères à l’égard de la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, dans une longue interview accordée au Brussels Times.

En repensant à son mandat, Michel a trouvé des mots clairs et a littéralement décrit von der Leyen comme « super autoritaire », c’est-à-dire « très autoritaire ».

Avec cette formulation pointue, Michel, qui travaille désormais comme consultant dans un cabinet d’avocats spécialisé dans la résolution des grands litiges internationaux, a clairement exprimé son mécontentement face à son style de gestion.

L’ancien président du Conseil a indiqué que, selon lui, les décisions clés au sein de la Commission étaient trop concentrées et n’étaient pas toujours suffisamment coordonnées avec les autres acteurs européens. Même s’il ne l’a pas exprimé sous la forme d’allégations individuelles concrètes, ses mots ont clairement montré qu’il y avait des tensions considérables au cours de la collaboration. « Je n’ai jamais eu autant de difficultés à travailler avec un collègue », a déclaré l’ancien Premier ministre belge de 50 ans.

Au cours de leurs mandats parallèles, tous deux ont occupé des postes clés au sein de l’Union européenne : Michel a coordonné les orientations politiques des États membres en tant que président du Conseil européen, tandis que von der Leyen était responsable des initiatives législatives et de leur mise en œuvre en tant que présidente de la Commission. C’est précisément dans cette interaction qu’une coordination étroite est nécessaire – un point que Michel problématise indirectement lorsqu’il critique le style de leadership de son ancien collègue.

Le classement de Michel est rendu encore plus explosif par ses déclarations sur le soi-disant Sofagate de 2021. Lors d’une réunion avec le président turc Recep Tayyip Erdoğan, von der Leyen s’est retrouvé sans siège équivalent, tandis que Michel était assis à côté d’Erdoğan – une scène qui a suscité des critiques dans toute l’Europe.

Rétrospectivement, Michel a défendu son comportement et a souligné qu’il était lié par des protocoles diplomatiques et que l’hôte était responsable de la disposition des sièges. Selon son récit, une intervention spontanée aurait pu aggraver la situation.

Michel déclare aujourd’hui : « Tout le monde sait et a vu comment la Commission a décidé d’exploiter cet incident pour tenter d’acquérir plus de pouvoir, notamment au niveau institutionnel, et d’intervenir dans des domaines qui ne relèvent pas de sa compétence. »

Des tensions concernant les responsabilités et le contrôle politique continuent de surgir entre le Conseil européen et la Commission. La critique ouverte de Michel donne désormais à ces différences, souvent restées en coulisses, une dimension inhabituellement publique.

Il est remarquable qu’un ancien haut représentant de l’UE caractérise si directement son ancien partenaire. Les observateurs pourraient y voir à la fois un bilan personnel et une contribution à un débat plus large sur le leadership et la prise de décision au sein de l’Union européenne. (créer)