Les conditions hivernales récentes ont montré une fois de plus à quel point la conduite sur des routes enneigées peut être problématique. C’est d’autant plus vrai que de nombreuses voitures sont équipées uniquement de pneus été, plus adaptés aux températures élevées qu’au gel et à la neige.
Dans sa commune de Malmedy, le maire Jean-Paul Bastin (Les Engagés) observe chaque année des voitures déraper sur les pentes ou finir dans les fossés à cause de pneus inadaptés. Le député wallon fait donc appel au gouvernement fédéral. « Jacques Brel chantait le plat, mais ce plat a de belles collines », a déclaré Bastian au quotidien La Dernière Heure.
Une grande partie du pays se situe à plus de 400 mètres d’altitude. Contrairement au Grand-Duché de Luxembourg, à la France et à l’Allemagne, il n’y a pas d’obligation d’avoir des pneus hiver en Belgique. A cet égard, la représentante régionale de l’Est de la Belgique, Christine Mauel (MR), s’est adressée fin janvier 2030 à la ministre wallonne Valérie Bue (MR), chargée de la sécurité routière, pour lui demander s’il n’était pas temps de créer au moins des incitations pour équiper son véhicule de pneus hiver.

Dans sa question, Mauel a souligné au ministre que malgré les avertissements de temps clair, les fortes chutes de neige avaient provoqué des chaos dans la circulation, des glissades et des situations dangereuses, en particulier dans les régions les plus élevées. Un facteur central est encore une fois que de nombreux véhicules ne sont pas adaptés aux conditions hivernales.
Mauel : « Selon la loi belge en vigueur, il n’y a pas d’obligation générale d’utiliser des pneus hiver. Cependant, les véhicules doivent être à tout moment en état de rouler et adaptés aux conditions météorologiques. Quiconque gêne la circulation ou provoque un accident avec des pneus inadaptés peut déjà être sanctionné aujourd’hui. »
« Quiconque participe à la circulation routière doit adapter son véhicule aux conditions météorologiques. Ce n’est pas une question d’idéologie, mais de sécurité », souligne Christine Mauel, qui souligne que l’introduction d’une réglementation obligatoire des pneus hiver relève de la responsabilité du niveau fédéral. Néanmoins, la Région wallonne est responsable de la sécurité routière et porte donc une responsabilité politique qui va au-delà des simples délimitations de responsabilité, a déclaré Mauel.
Depuis l’échange avec le ministre Bue, la responsabilité politique a changé : François Desquesnes (Les Engagés) est désormais responsable du territoire. Mauel s’adresse donc expressément au ministre actuel en vue de l’hiver en cours : « Il ne s’agit pas de paternalisme, mais de lignes directrices claires. Si les mêmes problèmes surviennent chaque année, il faut avoir le courage d’utiliser les instruments existants de manière cohérente – surtout lorsqu’il s’agit d’informer les conducteurs à un stade précoce. » La sécurité routière en hiver n’est pas une question marginale, mais concerne les navetteurs, les familles, les services d’urgence et l’activité économique dans son ensemble.

Le maire de Malmedy, Jean-Paul Bastin, plaide au sein de la « DH » pour l’obligation d’utiliser des pneus adaptés, c’est-à-dire soit des pneus hiver, soit au minimum des pneus toutes saisons. « C’est d’autant plus vrai que les appareils de navigation guident les conducteurs vers l’itinéraire le plus court, qui n’est pas nécessairement celui avec la pente la plus faible. Résultat : on voit souvent des camions qui sont de côté ou des voitures qui tombent en panne dans des pentes qu’ils ne peuvent pas gérer, même s’ils le pourraient avec des pneus hiver. »
Pour le maire de Malmedy, c’est à la fois une question de mobilité et de sécurité. Bastin souhaite sensibiliser les usagers de la route : « Si vous décidez de ne pas monter de pneus hiver et de ne pas conduire votre voiture dans la neige, ce n’est pas un problème. Le problème c’est que de nombreux conducteurs utilisent encore des pneus inadaptés. Certains se rendent dans les Ardennes ou les Fagnes avec des pneus été pour profiter de la neige ! » Si la sensibilisation ne fonctionne pas, une intervention juridique doit parfois être prise.
Bastin appelle donc à la création d’un « cadre juridique qui correspond à la réalité du terrain » « afin d’augmenter la sécurité de tous les usagers de la route ». Mais cela relève de la compétence de l’Etat fédéral, car cela nécessite une adaptation du code de la route, qui doit être décidée lors d’une conférence interministérielle des ministres de la sécurité routière présidée par le ministre fédéral de la mobilité, Jean-Luc Crucke (Les Engagés). (créer)
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