Markus Lanz a reçu le prix de la télévision allemande. Son talk-show ZDF du même nom a été récompensé dans la catégorie « Meilleure information ». Cela honore un format qui est depuis des années l’un des talk-shows politiques déterminants de la télévision allemande. Cependant, le style d’interview du modérateur est très controversé.
Les partisans de Lanz considèrent l’homme de 57 ans comme un intervieweur persistant qui ne se contente pas de réponses évasives et révèle des contradictions. Mais ses critiques voient précisément dans cette insistance une forme de conversation qui met les invités sous pression, les interrompt encore et encore et prend parfois le caractère d’un interrogatoire.
Cette critique n’est en aucun cas nouvelle. Au contraire : elle accompagne Markus Lanz depuis des années et a même conduit en 2014 à l’une des pétitions en ligne les plus sensationnelles contre un présentateur de télévision allemand.

L’élément déclencheur a été une conversation avec la politicienne de gauche Sahra Wagenknecht. Lanz a interrompu à plusieurs reprises son interlocuteur et a persisté. De nombreux téléspectateurs ont trouvé ses questions et la façon dont il a mené la conversation inappropriées.
Le résultat a été une pétition en ligne intitulée « Expulsez Markus Lanz de mes émissions de radio ! » Au final, 233 355 personnes ont signé la pétition. Lanz avait alors réagi de manière autocritique. Si ses questions énergiques étaient « trop rustiques et même personnelles », il le regrette.
L’affaire remonte désormais à plus de douze ans. Mais la critique fondamentale du style de Lanz demeure. Aujourd’hui encore, les discussions autour de son émission sont régulièrement suscitées par la question de savoir où se situe la frontière entre des questions journalistiques persistantes et une domination inappropriée de la part du modérateur.
Lanz laisse souvent peu d’espace à ses invités s’il a l’impression qu’ils veulent éviter une question. Il interrompt, contredit et revient sur un point jusqu’à ce qu’il reçoive une réponse qui semble le satisfaire. Un commentateur sur

Pour ses partisans, c’est justement une force. Ils le voient comme un modérateur qui ne se laisse pas tromper par des arguments et des phrases politiques préparés à l’avance.
Les critiques voient les choses différemment. Les éditions actuelles du spectacle provoquent également à plusieurs reprises des disputes entre Lanz et ses invités. Son style de conversation reste un problème, même si son travail journalistique est apprécié au sein de l’industrie de la télévision.
Le prix de la télévision allemande confirme le haut niveau de reconnaissance dont jouit le programme « Markus Lanz ». Il représente l’importance du format et de ses normes journalistiques.
D’un autre côté, la question se pose de savoir si Lanz serait également le « procureur en chef » si ce n’était pas Sahra Wagenknecht, un homme de l’AfD ou une jeune porte-parole du mouvement climatique « Fridays for Future » qui était assise en face de lui, mais plutôt le directeur de ZDF. Le modérateur serait probablement beaucoup plus modéré alors… (cre)