Le président de la Chambre réclame moins de députés : « Cinquante personnalités fortes suffiraient »

Alors que le Sénat est sur le point d’être supprimé en Belgique, le président de la Chambre, Peter De Roover (N-VA), estime qu’il y a encore trop de représentants à la Chambre. Au lieu de 150 parlementaires, « cinquante personnalités fortes » suffiraient.

Comme le rapporte le quotidien « La Dernière Heure », De Roover considère qu’une grande partie du travail parlementaire est inutile. Il regrette les coûts administratifs et financiers impliqués. Pour le président de la Chambre des députés, une trop grande part du travail parlementaire pose plus de problèmes qu’il n’est capable d’en résoudre.

Selon le président du plus haut parlement du pays, 80 pour cent des projets de loi sont inutiles. «Souvent, un homme politique se sent obligé d’agir, même si aucune action n’est réellement nécessaire», a déclaré l’année dernière le premier citoyen du pays à la DH. Avant qu’un élu souhaite présenter une proposition législative, il doit se poser quatre questions : « Y a-t-il vraiment un problème ? La politique doit-elle intervenir ? La solution proposée résout-elle réellement le problème ? Les conséquences négatives de cette loi sont-elles acceptables ? »

Si la réponse à ces quatre questions est « oui », des mesures doivent être prises, estime De Roover. Sinon, il vaut mieux ne rien faire. Pour le nationaliste flamand, cela permettrait de se concentrer plus sérieusement sur les 20 pour cent d’initiatives vraiment pertinentes et sur le contrôle du travail gouvernemental.

S’adressant au quotidien De Standaard ce week-end, le président a évoqué ceux qui utilisent l’assemblée comme lieu de tournage de leurs clips vidéo pour les réseaux sociaux, ainsi que ceux qui ralentissent le travail des représentants du peuple par le biais d’obstruction systématique et d’autres techniques. L’obstruction systématique est une tactique parlementaire utilisée par les députés pour tenter de retarder ou d’empêcher un vote en prolongeant artificiellement un débat. « De nos jours, tout le monde veut se montrer sur les réseaux sociaux et donner l’impression qu’il résout quelque chose, même si ses propositions ne seront probablement jamais mises en œuvre. Cela coûte une énorme quantité d’énergie qui pourrait être mieux dépensée sur des questions plus importantes. »

On a demandé à De Roover quel était, selon lui, le nombre idéal de représentants au Parlement : « Une cinquantaine environ. Cinquante personnalités fortes et responsables », a-t-il répondu.

Afin de réaliser ce souhait, la constitution devrait être révisée et adoptée à la majorité des deux tiers des 150 députés de la chambre. « Il faudrait qu’au moins 100 députés soient d’accord », estime Jean Faniel, directeur du CRISP, à la DH. Ce qui est très peu probable, car qui veut creuser sa propre tombe ? (créer)

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