Le ministre de la Défense Theo Francken (N-VA) était à Eupen jeudi. Au programme, des visites de l’Institut Robert Schuman (RSI) et de la caserne de l’Irmep.
Depuis cette année scolaire, le RSI propose pour la première fois la filière « Défense, Prévention et Sécurité », qui prépare spécifiquement les jeunes à une carrière professionnelle dans le secteur de la sécurité – par exemple dans l’armée, la police, les pompiers ou dans les services de sécurité privés.
Le ministre Francken a découvert sur place le contenu du nouveau programme, qui comprend des éléments pratiques tels que les principes opérationnels, le travail d’équipe, la résolution des conflits et la préparation physique. Lors d’entretiens avec des enseignants et des étudiants, le ministre de la Défense a exprimé son intérêt pour la manière dont les jeunes acquièrent un aperçu précoce des métiers liés à la sécurité et pour le rôle que les écoles peuvent jouer dans le recrutement de jeunes talents.

Le ministre a souligné que la défense belge est confrontée à des défis majeurs – du manque de personnel aux nouvelles exigences techniques en passant par les menaces croissantes des drones, des cyberattaques et de la guerre hybride. Dans ce contexte, le ministère de la Défense attache une importance croissante aux parcours de formation qui transmettent des compétences liées à la sécurité. Le nouveau domaine d’études à Eupen s’inscrit bien dans la réforme en cours des forces armées, qui met l’accent sur davantage de personnel, un recrutement plus large et un ancrage régional plus fort.
Après ses études, Francken poursuit son séjour à Eupen par une visite de la caserne de l’Irmep, dans la ville basse, où il s’entretient avec des militaires et s’informe de l’état des infrastructures.
La caserne Irmep joue traditionnellement un rôle dans la formation et la logistique de l’armée et reste un site important pour l’Est de la Belgique. Bien qu’aucun projet concret n’ait été annoncé, la visite de Francken suggère qu’à l’avenir, tant la présence militaire que les filières de formation liées à la sécurité dans la Communauté germanophone soient davantage intégrées dans la stratégie de défense nationale.

Theo Francken est depuis de nombreuses années l’un des hommes politiques les plus polarisants de Belgique. Tout comme son parti, la N-VA, et son leader Bart De Wever, désormais Premier ministre, Francken a d’abord été un signal d’alarme pour de nombreux hommes politiques de l’Est de la Belgique. Les nationalistes flamands étaient accusés de vouloir diviser la Belgique.
Francken a acquis une renommée nationale principalement lorsqu’il était secrétaire d’État à l’asile et à la migration au sein du gouvernement fédéral de Charles Michel (MR) entre 2014 et 2018. À ce titre, il a adopté une ligne particulièrement dure en matière de politique migratoire et a ainsi façonné l’une des politiques d’asile les plus strictes que la Belgique ait connues jusqu’à présent. Ses partisans l’ont décrit comme décisif et efficace, tandis que ses critiques l’ont accusé d’avoir suivi une ligne populiste et froide destinée à dissuader systématiquement les réfugiés.
Ces derniers mois, le ministre de la Défense a fait l’objet de nouvelles critiques après avoir été accusé de provoquer délibérément la Russie. L’élément déclencheur a été les déclarations extrêmement dures du ministre concernant la situation sécuritaire en Europe.
Dans une interview, Francken a souligné qu’une attaque russe contre Bruxelles – en particulier contre le siège de l’OTAN – aurait de graves conséquences, et il a exprimé cela dans des termes inhabituellement drastiques. Les observateurs ont interprété sa déclaration selon laquelle Moscou serait « rayée de la surface de la terre » comme une menace nucléaire flagrante.

La prédécesseure de Francken au poste de ministre de la Défense, la socialiste francophone Ludivine Dedonder (PS), n’a pas hésité à critiquer Francken : « Bien sûr, nous aurions volontiers évité sa déclaration selon laquelle il raserait Moscou. Si je pouvais lui donner un conseil, ce serait certainement qu’il fasse preuve de la mesure et de la retenue nécessaires dans le poste sensible qu’il occupe. » L’ancien ministre de la Défense a dénoncé le danger d’un tel comportement : « En tant que ministre de la Défense, vous ne provoquez pas. Vous êtes là pour protéger la population et pour agir. »
Le ministre lui-même a rejeté ces critiques et a souligné qu’il souhaitait utiliser des mots clairs pour éviter que la Belgique ou l’OTAN ne deviennent la cible de tentatives d’intimidation. Néanmoins, sa déclaration reste un exemple de la façon dont la communication en matière de politique de sécurité doit trouver un équilibre entre la dissuasion et le risque d’escalade dans la situation actuelle – et de la facilité avec laquelle une formulation irréfléchie peut provoquer des vagues internationales. (créer)