Les loups sont-ils plus faciles à tirer ? Cela fait des années que les défenseurs des droits des animaux et les agriculteurs débattent de ce sujet avec beaucoup d’émotion. Maintenant, les choses bougent. Le Conseil de l’Europe ouvre la voie à une action plus dure contre les loups. L’eurodéputé de l’Est de la Belgique Pascal Arimont parle d’une « étape importante ».
La commission compétente a approuvé une demande correspondante des États de l’UE visant à réduire le statut de protection. Avant que cela puisse s’appliquer en Belgique, la législation européenne doit être modifiée.
Le contexte de la demande est que, selon les informations de l’UE, le nombre de loups en Europe a presque doublé en dix ans. Le nombre de têtes de bétail tuées par les loups dans l’UE, principalement des moutons et des chèvres, est estimé à au moins 65 500 par an.
Cette photo d’un loup dans les Hautes Fagnes a été publiée en juin 2018, selon le ministre régional wallon de l’époque, René Collin. Cela devrait servir de preuve que le loup est de retour dans ces zones. Photo de : Belga
Le Conseil de l’Europe est indépendant de l’UE. Ses 50 membres comprennent les États de l’UE, mais aussi des pays comme la Grande-Bretagne et la Turquie. L’organisme veille à la protection des droits de l’homme, mais est également responsable du respect de la Convention de Berne, un traité international adopté en 1979 pour protéger les animaux et les plantes sauvages. Dans ce traité, le loup était auparavant considéré comme « strictement protégé ». Cela signifie que les États doivent prendre des mesures pour conserver les loups et que les animaux ne sont pas intentionnellement tués.
Après une longue discussion, les États de l’UE ont ensuite demandé en septembre un déclassement de son statut à « protégé ». Même si cela comportait toujours des règles strictes, la chasse aux loups problématiques serait alors plus facile dans certaines circonstances.
La raison en était que la population de loups se rétablissait de plus en plus ces dernières années. De plus, on a récemment constaté une augmentation du nombre de fissures chez les animaux de ferme comme les moutons et les bovins. Les mécanismes de défense tels que les hautes clôtures sont régulièrement neutralisés par les loups.
Un loup gris européen dans un enclos. La question des loups est une préoccupation politique. Photo : Sina Schuldt/dpa
– Le loup a disparu : Selon l’organisation de protection des espèces WWF, le loup a disparu d’Europe occidentale au milieu du XIXe siècle. Elle n’a donc survécu qu’à l’est et au sud de l’Europe. Toutefois, les stocks se reconstituent depuis plusieurs années.
Selon l’UE, le nombre de loups en Europe est passé de 11 193 en 2012 à 20 300 en 2023.
– Suit maintenant le processus législatif : Cependant, la décision du Conseil de l’Europe ne signifie pas automatiquement que les animaux peuvent désormais être simplement abattus en Belgique. L’amendement entrera en vigueur trois mois après son adoption, sauf objection d’un tiers des parties contractantes.
La Commission européenne pourrait alors soumettre une proposition visant à modifier le statut de protection du loup en vertu du droit européen. Cette proposition nécessite à nouveau une majorité parmi les États de l’UE et une majorité au Parlement européen. Des modifications du projet sont toujours possibles.
Arimont : « Une étape importante vers une gestion plus flexible du loup »
L’eurodéputé de l’Est de la Belgique Pascal Arimont (CSP-PPE) salue la décision du Conseil de l’Europe de modifier le statut de protection du loup de « strictement protégé » à « protégé » en vertu de la Convention internationale de Berne (« Convention de Berne ») à la demande de la Commission européenne de baisser.
Échange sur le thème « L’installation des loups dans l’Est de la Belgique : quelles conséquences pour notre nature et notre agriculture ? » Dans la salle « Zur Alten Linde » à Weywertz en juin 2023. Photo : Frederik Wiesen
«Le déclassement de la protection dans le cadre de la ‘Convention de Berne’ est la base sur laquelle l’UE doit adapter sa propre législation dans ce domaine, ce qu’on appelle la ‘directive faune-flore-habitat’. Concrètement, l’adaptation de la Convention de Berne entrera en vigueur en mars 2025, de sorte que la Commission européenne pourra désormais proposer des modifications correspondantes au Parlement et aux États membres», a déclaré Arimont.
Le loup reste protégé, mais le déclassement permettra aux États membres et aux régions de gérer les populations locales de loups de manière plus flexible. « Compte tenu de la population croissante de loups en Europe, la protection actuelle des loups, la plus stricte, n’est tout simplement plus justifiée. Au niveau de l’UE, il sera désormais important de prendre les mesures supplémentaires nécessaires. C’est important, notamment pour les agriculteurs qui pratiquent l’élevage en pâturage et qui sont ou seront de plus en plus confrontés aux loups », explique Arimont.
Le moyen le plus simple de modifier légalement la directive Habitats dans l’UE est de modifier l’article 19 (« Procédure de modification des annexes »), bien que cela nécessite une décision unanime de tous les États membres.
Pascal Arimont Pascal Arimont (à droite) avec le représentant européen du Tyrol du Sud, Herbert Dorfmann (à gauche). Photo : Frederik Wiesen
Avant cette décision, l’eurodéputé de l’Est de la Belgique s’est également adressé à la ministre de l’Agriculture Anne-Catherine Dalcq (MR), en charge du dossier en Région wallonne, pour s’enquérir de l’approche de la région en matière de gestion future du loup.
« Mme Dalcq m’a informé que la Belgique s’était abstenue lors du vote concerné au niveau européen, avec l’accord de la Région wallonne. J’espère que la Belgique soutiendra plus activement l’adaptation de la directive Habitats l’année prochaine. «Je ferai certainement pression sur le gouvernement wallon pour que la Belgique accepte de modifier le statut de protection dans la directive Habitats afin de permettre une gestion plus flexible des loups ici, notamment ici dans l’Est de la Belgique», souligne Arimont.
La Convention de Berne est un traité international conclu en 1979 par le Conseil de l’Europe pour la conservation des plantes et animaux sauvages et de leurs habitats naturels en Europe. L’accord comprend 50 parties contractantes, dont tous les États membres de l’UE. La directive européenne sur les habitats a mis en œuvre les exigences de la Convention de Berne au sein de l’UE.