« La justice étouffe » : Les associations de magistrats tirent la sonnette d’alarme et préparent une action le 14 novembre

Le 14 novembre 2025 aura lieu à Bruxelles une rencontre nationale de la justice belge – une action commune des associations de magistrats du nord et du sud du pays. Cette mobilisation vise à attirer l’attention sur le sous-financement structurel du pouvoir judiciaire.

« La justice est étouffante », affirme le cahier de revendications des associations de magistrats belges. L’année dernière, plusieurs actions ont été menées par les acteurs du système judiciaire pour attirer l’attention du gouvernement sur le sous-financement structurel du système judiciaire et la baisse d’attractivité des professions juridiques, notamment celle de magistrat.

Ce sous-financement se reflète notamment dans le manque de personnel, selon le cahier de revendications des associations communales. « Le gouvernement reste catégorique dans son refus de recruter davantage de magistrats et de personnel, malgré les mesures de la charge de travail montrant que les capacités actuelles sont insuffisantes compte tenu des tâches assignées au pouvoir judiciaire. »

Il est également souligné que les bâtiments judiciaires sont en mauvais état, que la numérisation est incomplète et ne permet donc pas de moderniser les processus de travail et que les peines de prison ne sont pas appliquées. Cependant, les alternatives à l’emprisonnement ne sont pas disponibles localement en raison du manque de ressources et la prise en charge des personnes internées est inadéquate.

On se plaint également du manque de solutions pour les mineurs à risque ou délinquants, qui sont souvent contraints de rester dans leur milieu familial faute de structures. Les experts et les traducteurs sont sous-payés, payés en retard ou pas du tout, ce qui les conduit à se tourner vers des contrats privés alors qu’ils sont essentiels au bon fonctionnement du système judiciaire.

Afin de garantir l’État de droit et la sécurité intérieure pour tous, les associations de magistrats estiment qu’un pouvoir judiciaire fort et indépendant est essentiel. Cette nécessité a été reconnue par les partis majoritaires, qui ont eux-mêmes soutenu pendant la campagne électorale que le budget du pouvoir judiciaire devrait représenter environ 0,5 pour cent du produit intérieur brut (PIB).

« Durant une période d’un mois jusqu’au 13 novembre 2025, nous souhaitons donner une nouvelle chance à la concertation. Durant cette période, nous demandons à être reçus par des représentants du gouvernement et de la Chambre pour négocier les points suivants :

Ce qu’il faut, c’est une augmentation significative du budget judiciaire, qui doit atteindre 0,5 pour cent du PIB d’ici la fin de la législature, des mesures concrètes et significatives qui garantissent l’attractivité des fonctions du pouvoir judiciaire et favorisent le respect des décisions judiciaires et donc aussi de l’État de droit.

Enfin, les associations de magistrats appellent au dialogue. « Les acteurs de la justice souhaitent renforcer ces négociations afin que, ensemble, des mesures concrètes et significatives puissent être prises pour améliorer le fonctionnement de la justice dans l’intérêt de ceux qui recherchent la justice et l’État de droit.

Si cet appel n’est pas entendu par le Premier ministre, le ministre de la Justice et le ministre chargé des retraites, les magistrats, le personnel des greffes et du parquet, ainsi que l’ensemble du personnel judiciaire, seront invités à se réunir à Bruxelles le 14 novembre 2025, pour dénoncer la déliquescence de la justice et de l’État de droit.

Cette action nationale est « l’expression d’un pouvoir judiciaire étouffé » qui n’est pas en mesure de remplir pleinement ses tâches dans les conditions actuelles. « Cela pourrait être la première d’une série d’autres actions. » (créer)