Espions : « La Belgique n’est pas préparée aux incendies de forêt »

Le rejet par les partis majoritaires MR et Les Engagés au parlement namurois d’une proposition de résolution PS destinée à mieux protéger contre les incendies de forêt en Wallonie a rendu furieux le député régional de l’Est de la Belgique Patrick Spies (PS/SP).

Près de 80 pour cent de la superficie forestière belge se trouve sur le territoire wallon. Pour Spies, c’est une raison suffisante pour enfin agir en matière de prévention des incendies de forêt. Malheureusement, la majorité du Parlement wallon a rejeté sa proposition sans contre-projet, sans débat et sans un seul mot du gouvernement.

Espions : « Ces dernières années, les catastrophes naturelles ont augmenté dans le monde entier, tant en fréquence qu’en intensité. Les inondations catastrophiques en Wallonie en 2021 ont clairement démontré les conséquences dévastatrices que cela peut avoir. Par la suite, des promesses ont été faites pour renforcer la prévention des risques. Aujourd’hui, il est clair que le gouvernement n’est pas prêt à tirer les leçons du passé. Pire encore, il se dirige vers la prochaine catastrophe, avec tous les regards tournés vers elle. « 

– Un risque croissant et un manque de stratégie : Environ un tiers de la superficie de la Wallonie est boisée. Selon le Centre d’analyse des risques climatiques et environnementaux (Cerac), la Belgique – et en particulier la DG et les Hautes Fagnes – risque d’être confrontée à des incendies de végétation nettement plus fréquents et plus graves d’ici 2030. La conclusion du centre est alarmante : la Belgique n’est pas préparée.

« La question n’est plus de savoir si nous serons confrontés à un incendie majeur, mais quand et où. Et pourtant, la majorité politique reste passive. Elle ignore complètement les avertissements de la science », a expliqué Spies.

– Manque de personnel, de finances et d’équipement : Ces dernières semaines, le représentant régional a cherché à échanger directement avec les forestiers, les pompiers et les employés du DNF (Département de la Nature et des Forêts). « Les retours ont été clairs : il y a un manque de coordination, d’équipement, de formation et de temps. En particulier, le manque chronique de personnel au sein des autorités forestières rend le travail sur place beaucoup plus difficile. Une suggestion de la pratique fréquemment évoquée : une formation de base commune pour les pompiers et le personnel forestier afin d’améliorer la coopération en cas d’urgence », a déclaré Spies.

Le texte soumis par Spies répond à bon nombre de ces demandes et contient des mesures concrètes pour prévenir et combattre les incendies de forêt. La résolution couvre les points clés suivants :

  • Cartographier les zones à risques, les voies d’accès et les points d’eau afin d’équiper les services d’urgence de manière ciblée ;
  • Formation spéciale pour les pompiers et le personnel forestier pour lutter contre les incendies dans les zones forestières ;
  • Plans d’urgence intégrés aux niveaux régional et municipal ;
  • Exercices de simulation annuels pour tester les opérations entre services ;
  • Une plus grande implication des communautés, de la foresterie et de la population ;
  • Utilisation de fonds européens pour des campagnes d’équipement, de formation et de prévention.

« Cette résolution n’est pas un acte symbolique, mais un guide d’action concret. Nous avons besoin d’analyses des risques avant la catastrophe, pas après, de prévention par la formation plutôt que par des appels, et de précaution plutôt que d’excuses après coup », a déclaré Spies, qui a exigé que la Wallonie assume le rôle de leader politique en Belgique dans la prévention des incendies de forêt, car près de 80 pour cent de la superficie forestière belge se trouve sur le territoire wallon.

« La majorité n’était pas prête à soutenir une proposition non partisane et constructive, même si elle était soutenue par des experts », a critiqué le député. « A Namur, les petites querelles partisanes l’emportent évidemment sur la protection de la population. Nous savons qu’un incendie majeur approche. Nous savons que nous ne sommes pas suffisamment préparés. Et pourtant, une stratégie prospective est bloquée. C’est de l’irresponsabilité politique – avec une annonce. » (créer)