La législation européenne sur la chaîne d’approvisionnement ne devrait s’appliquer qu’à quelques grandes entreprises. La majorité au Parlement européen vient de l’extrême droite – le pare-feu est-il tombé ? Pour Ecolo Ostbelgien, il est clair que l’eurodéputé de l’Est de la Belgique Pascal Arimont (PPE) soutient également « l’affaiblissement des normes clés en matière d’environnement et de droits de l’homme ».
Le groupe du Parti populaire européen (PPE) au Parlement européen a ouvert la voie à un affaiblissement de la loi sur la chaîne d’approvisionnement avec le soutien des partis de droite et d’extrême droite.
Entre autres choses, les exigences ne s’appliqueront à l’avenir qu’à quelques très grandes entreprises. Il ne devrait y avoir aucune obligation d’élaborer des plans d’action pour atteindre les objectifs climatiques. Le Parlement peut désormais entamer les négociations finales avec les États de l’UE sur le projet.
Concrètement, la majorité est venue de membres du groupe parlementaire PPE et du parti conservateur de droite EKR, auquel appartient le parti de la Première ministre italienne de droite Giorgia Meloni.

Les membres de l’alliance d’extrême droite PfE autour du Premier ministre hongrois Viktor Orban et du Rassemblement national (RN) de la populiste de droite française Marine Le Pen ainsi que du groupe parlementaire ESN, qui comprend entre autres l’AfD, se sont également prononcés en faveur de ce projet.
« Aujourd’hui est un bon jour pour la compétitivité de l’Europe », a déclaré le président du groupe PPE Manfred Weber (CSU) après le vote. Certains critiquent le fait que le PPE ne s’est pas appuyé sur la majorité habituelle qu’il tente habituellement de former avec les sociaux-démocrates et les libéraux.
Avec la chute du pare-feu, une majorité de droite a réussi à affaiblir la législation climatique néfaste et à apporter une aide urgente à nos entreprises, a déclaré la députée de l’AfD Mary Khan.
Au Parlement européen, il existe ce qu’on appelle un cordon sanitaire – une sorte d’accord informel entre le PPE, le S&D, les Libéraux et les Verts pour ne pas travailler avec les extrémistes de droite et, par exemple, pour ne pas soutenir les motions du PfE et de l’ESN.
Les libéraux, les sociaux-démocrates et le PPE se sont effectivement mis d’accord sur un compromis en commission. Cependant, lors d’un vote secret il y a trois semaines, cette proposition n’a pas réussi à trouver une majorité.
Grâce aux assouplissements décidés, la loi s’appliquera à l’avenir à un nombre nettement moins important d’entreprises que prévu initialement. Ces exigences ne devraient s’appliquer qu’aux grandes entreprises comptant plus de 5 000 salariés et un chiffre d’affaires annuel d’au moins 1,5 milliard d’euros. La limite initiale était de 1 000 salariés et un chiffre d’affaires de 450 millions d’euros.

La loi européenne sur la chaîne d’approvisionnement a effectivement été adoptée l’année dernière. L’objectif est de renforcer les droits de l’homme dans le monde. Les grandes entreprises devraient être tenues pour responsables si elles profitent de violations des droits de l’homme, comme le travail des enfants ou le travail forcé. La décision du Parlement est bien accueillie par les entreprises.
Ecolo Ostbelgien est particulièrement critique à l’égard du comportement électoral du député européen de l’Est de la Belgique Pascal Arimont (CSP-PPE). « En disant non à la directive initiale, les députés conservateurs et de droite ont fait un véritable cadeau aux multinationales, en particulier au secteur de la fast fashion », critique la coprésidente Fabienne Colling : « Elles peuvent désormais continuer à exploiter les travailleurs, à provoquer une pollution effrénée de l’environnement et à rendre la vie difficile aux entreprises européennes équitables. »
Le communiqué des Verts de l’Est de la Belgique poursuit : « Pour le DG, notre représentant au Parlement européen, Pascal Arimont, a soutenu ce démantèlement de la directive ; contraire aux intérêts des générations futures. Ce faisant, il utilise les arguments des climato-sceptiques et se range du côté des sociétés multinationales qui continuent de faire leurs profits aux dépens de notre planète et de notre avenir. Il s’agit d’un grand pas en arrière pour l’UE, ses entreprises et ses citoyens. » (dpa/cré)