Jean-Paul Bastin, député wallon et bourgmestre de Malmedy (Les Engagés), et Pascal Arimont, député européen CSP de Bullange, proposent une reconnaissance des agriculteurs qui se sont spontanément portés volontaires aux côtés des secours lors de l’incendie des Hautes Fagnes.
L’incendie qui s’est déclaré dans les Hautes Fagnes le 14 août a touché plus de 3 000 hectares. Dans les premiers jours de la crise, une centaine d’agriculteurs étaient de service – avec leurs tracteurs, leurs réservoirs d’eau et leur savoir-faire local. Leurs efforts ont permis de contenir la propagation de l’incendie.
Jean-Paul Bastin : « Les agriculteurs avec qui j’ai parlé n’ont pas émis de revendications. Mais c’est à nous d’apprécier leurs efforts. A Malmedy, nous savons ce que cet effort a signifié. Si le feu n’a pas traversé les routes nationales et n’a pas atteint notre commune, c’est bien sûr grâce aux pompiers, mais aussi aux efforts de ces agriculteurs. »

Bastin poursuit : « Les agriculteurs ont travaillé pour contenir la propagation de l’incendie, pour approvisionner en eau les pompiers au début de la crise et pour irriguer les bords des routes et des chemins. Leurs tracteurs étaient particulièrement bien adaptés à une zone difficile d’accès comme les Hautes Fagnes. Cet effort désintéressé, concret et efficace mérite d’être reconnu. »
Le maire adjoint propose une prime de reconnaissance par jour de travail, qui serait accordée selon une procédure simple basée sur un formulaire permettant d’enregistrer les agriculteurs impliqués et la durée de leur travail.
« Il s’agit de reconnaître le temps passé et non d’obliger les agriculteurs à rendre compte de chaque heure, de chaque litre et de chaque kilomètre. Il ne s’agit pas d’un paiement, mais d’une reconnaissance symbolique. Faire face à la crise dans les Hautes Fagnes entraînera des coûts élevés. L’engagement de la centaine d’agriculteurs qui ont apporté une contribution concrète dès les premiers jours à la protection de notre territoire et de notre population doit être reconnu à sa juste valeur dans ce contexte », a déclaré le maire de Malmedy.
– Tirer les leçons du déploiement : Une leçon de cette crise devrait également être d’établir en amont une procédure de déploiement des agriculteurs et de leurs équipements adaptés à de telles situations. Cela nécessite un cadre financier clair et prédéfini.
Les lacs des environs de la réserve naturelle des Hautes Fagnes ont également constitué une réserve d’eau particulièrement importante tout au long du processus de gestion de crise. Compte tenu des changements climatiques, des étés de plus en plus chauds et d’un risque croissant d’incendie, Bastin estime qu’un point de prise d’eau sécuritaire et accessible aux services d’urgence devrait être aménagé à l’avenir sur chaque lac.
Pascal Arimont : « La solidarité européenne doit aussi soutenir ceux qui s’engagent »

L’activation du mécanisme de protection civile de l’UE a permis de mobiliser des ressources supplémentaires auprès de plusieurs pays européens. Pour l’eurodéputé Pascal Arimont, cette solidarité doit aussi profiter aux bénévoles.
« Les agriculteurs, les entrepreneurs agricoles et les opérateurs de machines ont arrêté leur travail et ont utilisé leurs propres ressources et équipements pour soutenir les services d’urgence. Nous devons garantir qu’ils ne subissent pas de désavantages financiers en fournissant une assistance dans une situation exceptionnelle », a déclaré Arimont, qui demande que toutes les options et sources de financement disponibles soient examinées à cet effet aux niveaux régional, fédéral et européen. Au niveau européen, un éventuel financement dans le cadre des fonds destinés aux secours en cas de catastrophe et à la protection civile devrait être examiné, si nécessaire également dans le cadre de rescEU. Il rappelle également son appel à mobiliser le Fonds de solidarité de l’Union européenne pour soutenir le rétablissement des zones touchées en temps utile. A cet effet, une évaluation précise du préjudice doit être réalisée afin que la Belgique puisse introduire sa demande dans les délais européens. En outre, les possibilités des fonds structurels européens, en particulier du Fonds européen de développement régional (FEDER), devraient également être examinées afin de soutenir la reconstruction et de renforcer la résilience des zones touchées face aux catastrophes futures.

– Préparer l’avenir : Il est important que les deux élus tirent de cet effort les bonnes leçons pour l’avenir. Compte tenu des étés de plus en plus chauds et secs, nous devons nous préparer à d’autres situations de ce type. « Il faut savoir clairement à l’avance comment les volontaires peuvent être mobilisés, qui coordonne leur déploiement, comment ils sont protégés et quelle compensation ils recevront. »
Jean-Paul Bastin et Pascal Arimont appellent donc à la mise en place rapide d’un mécanisme clair, simple et facilement accessible pour la reconnaissance, la protection et l’indemnisation des agriculteurs et des bénévoles impliqués dans les opérations de secours. « Dans les Hautes Fagnes, la solidarité était précieuse et concrète. La reconnaissance doit aussi être tout aussi concrète. » (créer)