La Chambre des représentants a adopté vendredi soir une réforme globale des retraites. La réforme est l’un des projets de politique sociale les plus importants du gouvernement du Premier ministre Bart De Wever (N-VA) et vise à améliorer la viabilité financière à long terme du système de retraite et à uniformiser davantage les règles pour les fonctionnaires, les salariés et les indépendants.
L’élément central de la réforme réside dans un lien plus étroit entre le travail effectivement effectué et les droits à pension ultérieurs. Ceux qui travaillent plus longtemps devraient être davantage récompensés à l’avenir ; Dans le même temps, des incitations sont créées pour éviter une retraite anticipée.
À cet effet, un système de majorations et de déductions sera instauré : toute personne qui prend sa retraite avant l’âge légal de la retraite devra s’attendre à une réduction à l’avenir (pension malus), tandis que les personnes qui continuent à travailler au-delà de l’âge légal de la retraite pourront percevoir un supplément (pension bonus).

Les règles de retraite anticipée sont également modifiées. En plus des possibilités existantes, une nouvelle réglementation sera créée pour les carrières professionnelles particulièrement longues. Ainsi, la retraite devrait être possible à partir de 60 ans si au moins 42 années d’activité peuvent être justifiées et que chacune de ces années comporte un nombre suffisamment élevé de jours effectivement travaillés. Le gouvernement veut accommoder les personnes qui ont commencé leur carrière très tôt.
Les changements dans la fonction publique sont particulièrement drastiques. Le calcul des pensions des fonctionnaires se rapproche progressivement des réglementations des autres groupes professionnels. Les facteurs de calcul privilégiés et certaines réglementations particulières seront supprimés ou restreints. De plus, la période servant de référence pour le calcul de la pension est allongée. Diverses périodes d’absence – comme certaines interruptions de carrière ou les règles de disponibilité – seront également prises en compte moins généreusement dans les pensions à l’avenir.

D’autres réglementations particulières pour certains groupes professionnels seront également supprimées. Un autre aspect sensible de la réforme est le relèvement progressif de l’âge de la retraite pour le personnel militaire et les commandants de section jusqu’à l’âge général de la retraite de 67 ans, au lieu des 56 et 55 ans actuels. Dans le même temps, la « péréquation » – un mécanisme par lequel les retraites actuelles des fonctionnaires sont ajustées à l’évolution des salaires des fonctionnaires actifs – sera abolie.
En outre, la réforme renforce les conditions générales d’acquisition des droits à pension. Des conditions de travail plus strictes seront introduites dans les trois systèmes de retraite : salariés, indépendants et fonctionnaires. Les périodes d’emploi effectif ont donc plus de poids que les périodes sans emploi.
Le gouvernement affirme que cela rendra le système plus juste et plus viable financièrement. Les critiques, notamment les syndicats, craignent toutefois que les personnes ayant un parcours professionnel interrompu et les employés du secteur public soient désavantagés.
Globalement, la réforme signifie : des conditions plus strictes pour la retraite anticipée, moins de droits spéciaux dans la fonction publique, une plus grande concentration sur le travail réellement effectué et des incitations financières pour rester plus longtemps au travail. (créer)